Cet article a été publié le: 10/01/22 11:44 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/Inter/ Le Gouvernement malien rappelle ses ambassadeurs accrédités dans les pays de la CEDEAO 

Abidjan, 10 jan 2022 (AIP)- Le Gouvernement malien a décidé de rappeler ses ambassadeurs accrédités dans les États membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de procéder à la fermeture de ses frontières terrestres et aériennes avec les États concernés.
Cette décision est issue d’un communiqué lu à la télévision par le porte-parole du gouvernement, le ministre Abdoulaye Maïga, dans la nuit du 9 au 10 janvier 2022, en réaction aux sanctions de la CEDEAO et de l’Union Économique Monétaire Ouest Africaine (UEMOA).
“D’ores et déjà, sur la base de la réciprocité, le Mali décide de rappeler ses ambassadeurs accrédités dans les États membres de la Cédéao et de la fermeture de ses frontières terrestres et aériennes avec les États concernés “, a déclaré le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation et porte-parole du Gouvernement, colonel Abdoulaye Maïga. Il a tenu à rassurer l’opinion nationale que des dispositions ont été prises pour assurer l’approvisionnement normal du pays par tous les moyens appropriés.

Le colonel Maïga a déclaré que le gouvernement a appris avec stupéfaction les sanctions économiques et financières prises à l’encontre du Mali à l’issue des sommets extraordinaires de la CEDEAO et de l’UEMOA tenu dimanche 9 janvier 2022 au Ghana. “Ces mesures contrastent avec les efforts fournis par le gouvernement et sa disponibilité au dialogue en vue de trouver un compromis avec la CEDEAO sur le chronogramme des élections au Mali”, a poursuivi le porte-parole du gouvernement, avant de condamner énergiquement ces sanctions “illégales et illégitimes” prises par ces institutions africaines.

S’agissant de l’embargo décidé par les chefs d’État et de gouvernement de l’UEMOA, applicable à un État souverain, le colonel Maïga a indiqué qu’il constitue une violation manifeste du Traité de l’UEMOA et des statuts de la BCEAO (Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest). “En outre, le gel des avoirs d’un État, des entreprises publiques et parapubliques ne saurait être appliqué par la Banque centrale qui reste un organe indépendant auquel chaque État membre a concédé son droit souverain d’émission”, observe-t-il.

Par ailleurs, le gouvernement dénonce et rejette les décisions de la CEDEAO qui, selon lui, ne sont fondées sur aucun texte communautaire.

“Le gouvernement du Mali regrette que des organisations sous régionales ouest africaines se fassent instrumentaliser par des puissances extra régionales aux desseins inavoués”, a-t-il fait savoir. Il a annoncé que dans les heures à venir, le gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires en vue de riposter à ces sanctions malencontreuses. Le gouvernement déplore aussi “le caractère inhumain” de ces mesures qui viennent affecter les populations déjà durement éprouvées par la crise sécuritaire et la crise sanitaire, notamment celle de la Covid-19.

Le porte-parole du gouvernement a, en outre, invité les populations au calme, à la retenue, à redoubler de vigilance et à rester mobilisées ainsi que les forces de Défense et de sécurité face à toute éventualité de déploiement des forces étrangères contre le Mali. Le gouvernement en appelle à la solidarité et à l’accompagnement des pays et institutions amis.

“Au regard des violations répétées des textes, principes et objectifs de ces organisations, le gouvernement du Mali tirera toutes les conséquences et se réserve le droit de réexaminer sa participation à ces entités”, conclut le communiqué.

La CEDEAO venait d’annoncer la fermeture des frontières terrestres et aériennes entre ses pays membres et le Mali et la suspension de toutes les transactions commerciales, à l’exception des produits de consommation essentiels – pharmaceutiques, fournitures et équipements médicaux- , ainsi que le matériel pour le contrôle de la Covid-19 et des produits pétroliers et d’électricité.

À ces mesures s’ajoutent le gel des avoirs de la République du Mali dans les Banques centrales et commerciales de la CEDEAO, la suspension du Mali de toute aide financière des institutions financières de la CEDEAO (BIDC et BOAD).

(AIP)

eaa/cmas