Cet article a été publié le: 13/10/21 16:57 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/Inter/ Le Kenya rejette la décision de la CIJ dans le conflit maritime qui l’oppose à la Somalie

Abidjan, 13 oct 2021 (AIP)- Le Kenya a rejeté la décision de la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye au sujet du conflit qui l’oppose à la Somalie concernant la frontière maritime entre les deux pays, ont annoncé mercredi 13 octobre 2021, des médias internationaux.

Après sept années de contestations sur leur frontière maritime, la Cour internationale de justice (CIJ) a tranché, mardi 12 octobre, en faveur de la Somalie. Rejetant le tracé de la frontière réclamée par le Kenya à partir de la côte, la CIJ a plutôt tracé une nouvelle frontière proche de celle réclamée par la Somalie.

« La Cour considère donc que la ligne ajustée qu’elle a établie en tant que frontière maritime aboutit à une solution équitable », a conclu le juge-présidente de la Cour Joan Donoghue. La juridiction onusienne a cependant rejeté toutes les demandes de dommages et intérêts de la Somalie, en réparation des travaux d’arpentage et de forage de sociétés pétrolières et gazières, entrepris par le Kenya. Elle a par ailleurs autorisé le Kenya à conserver une partie du triangle d’eau revendiqué par les deux parties.

En accordant à la Somalie la majeure partie d’une portion de l’océan indien potentiellement riche en pétrole et en gaz, le Kenya se voit spolier cette portion de mer, à l’origine d’une dispute entre les deux pays depuis des années.

Nairobi affirme en effet, exercer sa souveraineté sur la zone depuis 1979. En 2014, la Somalie a traîné le Kenya devant la justice après des années de négociations non abouties au sujet de la parcelle de 100 000 kilomètres carrés de la mer.

Mais les juges ont décidé à l’unanimité qu’il n’y avait “aucune frontière maritime convenue” en vigueur, ils ont également tracé une nouvelle frontière proche de celle revendiquée par la Somalie.

Pour le Président Kenyan, Uhuru Kenyatta, le pays “rejette en totalité et ne reconnaît pas” la décision concernant la frontière somalienne.

“Si le Kenya n’est pas surpris par la décision, il est profondément préoccupé par l’importance de la décision et ses implications pour la région de la Corne de l’Afrique, et le droit international en général. D’emblée, le Kenya souhaite indiquer qu’il rejette en totalité et ne reconnaît pas les conclusions de la décision,” a-t-il déclaré.

Cependant, le jugement de la CIJ est définitif et ne peut faire l’objet d’un appel.

Pour le Kenya, la décision de la Cour suprême des Nations Unies et la nouvelle répartition qui en découle pourraient aggraver la situation en matière de paix et de sécurité dans la région.

De son côté le président Somalien Mohamed Abdullahi Mohamed, a exhorté le gouvernement kényan à “considérer” cette décision comme un moyen de renforcer la relation entre les deux pays.

(AIP)

eaa/ask