Cet article a été publié le: 15/06/21 18:51 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/Inter/ Les travailleurs domestiques dans le monde appellent à l’aide pour sortir de l’informel

Abidjan, 15 juin 21 (AIP)- Les travailleurs domestiques dans le monde, luttent toujours pour l’égalité et le travail décent, souhaitant sortir de l’informel, a indiqué mardi 15 juin 2021, l’Organisation internationale du Travail (OIT).

Dix ans après, l’adoption de la Convention sur les travailleurs domestiques, qui a réaffirmé l’existence de leurs droits au travail, ils se battent pour être reconnus comme des travailleurs et des prestataires de services essentiels.

La pandémie de Covid-19 a mis en évidence leur vulnérabilité persistante sur le marché du travail. Les travailleurs domestiques dans le monde ont été parmi les plus durement touchés par la crise de la Covid-19, ayant perdu plus d’emplois et d’heures de travail que les autres secteurs, a déclaré mardi directeur général de l’OIT.

Le directeur général de l’OIT, Guy Ryder, a insisté sur le fait que, malgré de réels progrès en matière de législation du travail et de sécurité sociale dans certains pays, dans de très nombreux cas, ces prestataires de services essentiels n’ont jamais été autant vulnérables.

« Ces travailleurs ont perdu leur emploi en plus grand nombre ou ont vu leurs heures de travail réduites dans des proportions plus importantes que d’autres parties de la main-d’œuvre », a noté M. Ryder.

Des données de l’OIT montrent que le nombre de travailleurs domestiques au deuxième trimestre 2020 a chuté de 25 à 50% dans la plupart des pays d’Amérique latine et des Caraïbes et de 70% au Pérou par rapport aux niveaux d’avant la pandémie.

La plupart des pays européens, ainsi que le Canada et l’Afrique du Sud, ont vu les pertes d’emplois parmi les travailleurs domestiques varier de 5 à 20%.

« Dans l’ensemble, ces pertes ont entraîné une diminution de 50% du nombre total d’heures de travail pour le secteur, dans les 13 des 20 pays étudiés », a poursuivi M. Ryder, avant de souligner l’impact disproportionné de la crise sur les travailleurs domestiques.

En outre, huit travailleurs domestiques sur dix sont des travailleurs informels.

« Les pays doivent agir, car huit travailleurs domestiques sur dix sont employés de manière informelle et ne bénéficient donc d’aucune protection juridique et sociale », a souligné le chef de l’OIT, ajoutant que « leurs vulnérabilités sont amplifiées, car beaucoup d’entre eux subissent de mauvaises conditions de travail et n’ont nulle part où aller ».

Au Brésil, qui est le deuxième employeur de travailleurs domestiques au monde, près de sept employés sur dix travaillent de manière informelle, soit le double de la moyenne nationale.

Selon le rapport, 75,6 millions de travailleuses et travailleurs domestiques à travers le monde, soit environ une personne sur 25 salariés dans le monde, ont souffert de manière significative de la crise de Covid-19. Un peu plus des trois quarts sont des femmes.

Le travail domestique demeure un secteur essentiellement féminin, employant 57,7 millions de femmes qui représentent plus de 76% des travailleurs domestiques.

(AIP)

eaa/tm