Cet article a été publié le: 17/06/21 9:04 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/Inter/ Les travailleurs domestiques se battent toujours pour l’égalité des droits et un travail décent (OIT)

Abidjan, 17 juin 2021 (AIP-OIT Infos) – Dix années après l’adoption d’une convention historique de l’Organisation internationale du Travail (OIT) qui réaffirmait l’existence de leurs droits au travail, les travailleuses et travailleurs domestiques poursuivent toujours le combat afin de faire reconnaître leur statut de travailleurs et de personnes assurant des services essentiels.

Selon un nouveau rapport  publié par l’OIT, en une décennie et pour nombre d’entre eux, il n’y a pas eu d’amélioration en matière de conditions de travail. Ces dernières ont même été dégradées par la pandémie de COVID-19.

Un communiqué de l’OIT, transmis jeudi 17 juin 2021 à l’AIP, rappelle qu’au plus fort de la crise, les pertes d’emplois subies chez les travailleurs domestiques allaient de 5 à 20 % dans la plupart des pays européens, ainsi qu’en Afrique du Sud et au Canada. Dans les Amériques, la situation était même plus grave, avec des pertes s’élevant entre 25 et 50 %. Pendant la même période, les pertes d’emplois chez les autres salariés étaient inférieures à 15 % dans la plupart des pays.

Dans l’Union européenne des 27 pays membres, pour ceux qui ont conservé leur emploi, les travailleurs domestiques ont été confrontés à un impact significatif sur leurs heures de travail, allant d’une réduction de 78 % en Slovaquie à environ 47 % au Portugal et 21 % en Italie.

Selon les chiffres contenus dans le rapport, les 75,6 millions de travailleuses et travailleurs domestiques à travers le monde (soit 4,5 ¨% des salariés dans le monde entier) ont souffert de manière significative, ce qui, par ricochet, a également affecté les foyers qui dépendent de ces personnes pour subvenir à leurs besoins quotidiens.

Le rapport indique que la pandémie de COVID-19 a conduit à l’aggravation des conditions de travail qui étaient déjà très mauvaises. Les travailleurs domestiques ont été plus vulnérables aux conséquences de la pandémie de COVID-19 en raison de la persistance d’écarts en matière de droit du travail et de protection sociale. C’est particulièrement le cas des plus de 60 millions de travailleurs domestiques qui évoluent au sein de l’économie informelle.

Il y a dix ans, l’adoption de cette convention majeure sur les travailleuses et travailleurs domestiques avait été saluée comme une véritable percée pour des dizaines de millions de travailleurs domestiques à travers le monde, dont la plupart sont des femmes.

Depuis lors, un certain nombre de progrès ont été faits, comme la baisse de plus de 16 points de pourcentage du nombre de travailleurs domestiques qui sont totalement exclus des législations et des réglementations en matière de travail.

Dans l’Union européenne, tous les travailleurs domestiques sont couverts par le droit du travail, inclus dans les dispositions existantes en matière de salaire minimum, ont droit au repos hebdomadaire et ont un droit légal au congé annuel payé, même s’il existe de nombreuses disparités d’un pays à l’autre.

Selon le document, 99,1 % des travailleurs domestiques de l’UE-27 sont légalement couverts par au moins une branche de la sécurité sociale avec 66,7 % couverts par toutes les branches de la protection sociale, une exception par rapport aux autres régions.

Cependant, à l’échelle mondiale, un bon nombre de travailleurs domestiques (36 %) demeurent totalement exclus du périmètre d’application du code du travail, en particulier en Asie et dans le Pacifique ainsi que dans les États arabes, où ces écarts sont les plus importants.

Même lorsqu’ils sont couverts par les législations concernant le travail et la sécurité sociale, comme dans l’UE, la question de leur mise en œuvre reste une source importante d’exclusion et de travail informel.

Selon le rapport, seul un travailleur domestique sur cinq (18,8 pour cent) bénéficie d’une couverture sociale effective liée à son travail.

Le travail domestique demeure un secteur essentiellement féminin, employant 57,7 millions de femmes qui représentent 76,2 % des travailleurs domestiques. Alors que les femmes constituent la majorité de la main-d’œuvre en Europe et en Asie centrale ainsi que dans les Amériques, les hommes sont plus nombreux que les femmes dans les États arabes (63,4 %) et en Afrique du Nord, et représentent un peu moins de la moitié de l’ensemble des travailleurs domestiques en Asie du Sud (42,6 pour cent).

La grande majorité des travailleurs domestiques sont employés pour moitié d’entre eux (38,3 millions) en Asie et dans le Pacifique, largement en raison du poids de la Chine, une autre partie significative (17,6 millions) se situant dans les Amériques.

De nos jours, les travailleuses et travailleurs domestiques sont mieux organisés et sont susceptibles de défendre eux-mêmes leurs points de vue ainsi que leurs intérêts. Leurs organisations, ainsi que les organisations d’employeurs de travailleurs domestiques, ont joué un rôle important dans les progrès enregistrés jusqu’ici, concluent les rapporteurs de l’étude.

(AIP)

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