Cet article a été publié le: 23/10/21 16:16 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/Inter/ Une grave sécheresse pourrait provoquer la 1ère famine à Madagascar (Communiqué)

Abidjan, 23 oct 2021 (AIP)- Plus d’un million de personnes dans le sud de Madagascar ont des difficultés à manger à leur faim, en raison d’une grave sécheresse en voie de devenir la première famine au monde causée par le changement climatique, selon le Programme alimentaire mondial (PAM).

Le sud de Madagascar a été durement touché par des années successives de grave sécheresse, obligeant les familles des communautés rurales à prendre des mesures désespérées pour survivre.

Des populations « survivent qu’en se nourrissant de criquets, de fruits et de feuilles de cactus », a déploré, vendredi 22 octobre 2021, la responsable de la communication du PAM, Alice Rahmoun, précisant que « les feuilles de cactus sont généralement destinées au bétail et non à la consommation humaine ».

De plus « les cactus sont en train de mourir de la sécheresse du manque de pluie et du manque d’eau », a ajouté Alice Rahmoun.

Madagascar est la quatrième plus grande île du monde possédant un écosystème unique qui comprend des animaux et des plantes que l’on ne trouve nulle part ailleurs sur la planète. Le pays connaît une saison sèche, généralement de mai à octobre, et une saison des pluies qui commence en novembre. Le changement climatique a perturbé ce cycle, affectant les petits exploitants agricoles et leurs voisins, a déclaré Alice Rahmoun.

Les impacts du changement climatique sont nettement plus intenses, entraînant un échec au niveau des cultures. Ces retombées néfastes du changement climatique sont différentes d’une région à une autre.

La situation des familles est devenue très préoccupante, les amenant à développer des mécanismes d’adaptation pour survivre. « Ils vendent du bétail, par exemple, pour obtenir de l’argent afin de pouvoir acheter de la nourriture, alors qu’auparavant, ils étaient capables de se procurer de la nourriture et de se nourrir à partir de leur propre production dans les champs, donc cela change vraiment la vie quotidienne des gens », a déclaré Alice Rahmoun.

Les biens de valeur comme les champs ou même les maisons sont également mis en vente. Certaines familles ont même retiré leurs enfants de l’école, pour les associer à la recherche d’activités génératrices de revenus, fait remarquer le Programme alimentaire mondial qui procède à des dépistages de la malnutrition dans le sud de Madagascar, afin de fournir, chaque mois à 750 000 personnes, une aide alimentaire vitale, notamment des produits complémentaires, pour prévenir la malnutrition.

Le PAM a pour objectif de soutenir jusqu’à un million de personnes d’ici avril et de rechercher près de 70 millions de dollars pour financer ses opérations, a dit la responsable du PAM.

Dans un peu plus d’une semaine (du 31 octobre au 12 novembre 2021), les dirigeants du monde entier se réuniront à Glasgow, en Écosse, pour la Conférence des Nations unies sur le changement climatique COP2, que le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a qualifiée de dernière chance de « renverser littéralement la donne » sur une planète en difficulté.

Cette conférence sera pour le PAM une occasion de « demander aux gouvernements et aux donateurs de donner la priorité aux financements relatifs aux programmes d’adaptation au climat, d’aider les pays à mettre en place un meilleur système de gestion des risques et même à Madagascar, plutôt que sur la réponse aux crises », a déclaré Mme Rahmoun.

(AIP)

Eaa/kp