Cet article a été publié le: 3/09/21 9:02 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/International/ Marseille accueille le Congrès mondial de l’Union internationale pour la conservation de la nature

Abidjan, 03 sept 2021 (AIP) – Le Congrès mondial de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) s’ouvre ce vendredi 3 septembre 2021 et ce, jusqu’au 11 septembre, dans la ville française de Marseille, en présence du chef de l’Etat, Emmanuel Macron.

Dans un entretien avec franceinfo, la directrice générale du Fonds mondial pour la nature (WWF) France, Véronique Andrieux, a dit espérer que concernant l’effondrement de la biodiversité, “des engagements concrets” seront pris au Congrès mondial de la nature.

Selon Mme Andrieux, ce congrès peut permettre de lutter contre l’effondrement de la biodiversité. “Il se tient à quelques mois de négociations internationales cruciales sur le climat et la biodiversité qui vont définir l’agenda à 2030 et donc il est absolument crucial de saisir l’opportunité à Marseille pour rehausser le niveau d’ambition et obtenir des engagements concrets pour agir sur la racine de l’effondrement du vivant”.

Elle a souligné qu’il y a un retard par rapport à l’agenda climat en matière de biodiversité. “Il est indispensable, au vue de l’urgence, d’être à la hauteur des enjeux et d’obtenir des engagements concrets et des financements à la hauteur”, a-t-elle poursuivi.

Interrogée sur le rythme d’extinctions jamais connu dans l’histoire de la planète, elle a noté que selon le dernier rapport “Planète vivante” du WWF, en 2020 il y a 68 %, deux tiers des espèces de vertébrés sauvages, qui ont été atteintes en moins de 50 ans. “Ce sont des chiffres vraiment alarmants. Nous avons les trois quarts des écosystèmes terrestres dégradés et deux tiers des écosystèmes marins. En matière d’océans, nous avons une demande de création de zones de protections fortes à hauteur de 10 %. On part de très loin. Nous demandons que ces zones de protections fortes soient équitablement réparties sur l’ensemble des façades maritimes dont la Méditerranée.”

Sur le “coût terrible” que va représenter pour les investisseurs, l’effondrement de la biodiversité, Mme Andrieux a affirmé que le fait que différents acteurs se réunissent à Marseille dont les secteurs privés, financiers mais aussi les villes, ceux-ci peuvent agir. “Par exemple, nous demandons de réorienter les flux financiers pour arrêter de financer la destruction de la nature. Il faut recenser et mettre fin aux subventions dommageables à la nature”, a-t-elle ajouté.

“Par exemple, il faut éliminer les garanties ou les crédits à l’exportation. Il faut aller plus loin. Les entreprises sont appelées à avoir une responsabilité plus forte et à intégrer les activités économiques dans les seuils économiques. Il faut être conscient que la nature est le socle de notre économie, de notre santé et de notre vie. Il est très important de se doter d’outils, de stratégies et d’objectifs biodiversités basés sur la science qui soit notre boussole et qui nous engage jusqu’à 2030”, a estimé la directrice générale du WWF France.

Le Fonds mondial pour la nature est une organisation non gouvernementale internationale créée le 29 avril 1961, Morges (Suisse) et vouée à la protection de l’environnement et au développement durable. Son siège social est à Gland, en Suisse, et son directeur actuel est Marco Lambertini.
(AIP)
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