Cet article a été publié le: 26/07/21 15:44 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/International/ Mo Ibrahim aborde l’importance d’investir dans la jeunesse africaine pour transformer la crise du COVID-19 en tremplin pour le changement

Abidjan, 26 juil 2021 (AIP) – Dans un éditorial intitulé “L’Afrique de demain”, Mo Ibrahim, le fondateur et président de la Fondation qui porte on nom, aborde l’importance d’investir dans la jeunesse africaine pour permettre au continent de transformer la crise du COVID-19 en tremplin pour le changement.

“Il fait meilleur vivre aujourd’hui sur le continent africain que par le passé. Les deux dernières décennies ont été marquées par une constante amélioration, à tel point qu’aujourd’hui, un enfant né sur le continent a plus de chances que jamais d’avoir une espérance de vie plus longue, d’échapper à l’extrême pauvreté, d’être scolarise dans le cycle primaire et de connaitre la croissance économique”, entame Mo Ibrahim dans son article transmis à l’AIP par l’agence Portland Communications.

Il estime toutefois que tout n’est pas rose non plus. La pandémie de COVID-19 impacte massivement le continent, rentré en récession pour la première fois depuis trente ans. Si les perspectives de croissance à long terme demeurent positives, trop souvent cette croissance manque de consistance, ne crée pas d’emplois et ne partage pas ses bénéfices. “Trop d’inconsistance aussi en termes de gouvernance, fondement essentiel pourtant de tout progrès durable. Sans bonne gouvernance – sans leadership transparent, créateur de confiance et respectueux des valeurs démocratiques – les avancées sociales et économiques sont gaspillées”, poursuit-il.

En 2019, un peu plus de 60 % des 1,3 milliard de citoyens du continent vivaient dans un pays où la gouvernance globale, telle qu’évaluée par l’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique, était meilleure qu’en 2010.

Mo Ibrahim se dit clairement optimiste, jugeant cependant qu’il faut également savoir rester réaliste. “Comment l’Afrique peut-elle transformer cette crise en un tremplin vers le changement ?”, s’interroge t-t-il avant de répondre que pour lui, l’essentiel, la seule chose qui compte en réalité, c’est de créer des perspectives pour la jeunesse. “Pour ce faire, il faut mettre l’accent sur l’éducation, la formation, l’investissement et l’emploi…. Tout indique que les sociétés sont prospères des lors qu’elles investissent dans leur jeunesse, ce qui produit des avantages intergénérationnels pour la santé, l’éducation et l’économie.”

Il faut des investissements qui créent des emplois et bâtissent des sociétés plus fortes, ajoute Mo Ibrahim. D’ici à 2030, fait-il remarquer, un cinquième de la population mondiale sera originaire d’Afrique. “Les jeunes sont le plus grand atout de notre continent, mais si nous ne leur offrons pas de possibilités d’apprendre, de trouver un emploi et d’être productifs, nous risquons de les voir vouloir migrer vers des régions susceptibles de leur offrir ce qu’ils recherchent, ou attires par des réseaux parallèles.”

“La pandémie est une crise majeure et profonde pour l’Afrique, comme pour le reste du monde. Mais comme toute crise, elle ouvre des opportunités. Avec les décisions adéquates, on peut faire mieux en matière d’éducation, d’investissements, d’emplois, d’échanges. Que ce soit dans l’économie numérique, la transition écologique, les ressources, l’énergie ou les infrastructures, les Africains peuvent jouer un rôle. Tirons parti de cette occasion pour construire une Afrique plus solide”, conclut Mo Ibrahim dans son éditorial publié à l’occasion du Forum Ibrahim 2021 qui s’est concentré sur l’impact du COVID-19 sur l’Afrique et la voie du continent vers la reprise.
(AIP)
cmas