Cet article a été publié le: 18/03/21 18:01 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/International/ RSF demande la libération d’un journaliste emprisonné en Guinée pour offense au chef de l’Etat (Communiqué)

Abidjan, 18 mars 2021 (AIP) – Dans un communiqué de presse publié mercredi 17 mars 2021, Reporters sans frontières (RSF) demande la libération immédiate et sans condition du journaliste sportif de la Radio télévision guinéenne (RTG), Amadou Diouldé Diallo, et exhorte les autorités à mettre fin aux emprisonnements arbitraires de journalistes.

Inculpé pour “offense au chef de l’Etat”, ce journaliste est emprisonné depuis plus de deux semaines alors que la Guinée a dépénalisé les délits de presse.

La Cour d’appel de Conakry a refusé le 10 mars dernier sa demande de libération conditionnelle. Interpellé sans convocation préalable, le samedi 27 février, à la suite de son passage dans l’émission “L’œil du Lynx” de la radio privée Lynx FM où il s’était exprimé sur le président Alpha Condé et les violences ethniques dans le pays, le journaliste qui est détenu depuis le 1er mars, est inculpé pour “offense au chef de l’Etat”. En mauvaise santé, il a dû être évacué le lendemain de son incarcération dans un hôpital de Conakry.

Contactés par RSF, deux de ses avocats, Alseny Aïssata Diallo et Mohamed Traoré, ont dénoncé une violation de la loi sur les médias, insistant sur le fait que les délits de presse sont dépénalisés dans le pays et ne doivent ainsi pas donner lieu à un emprisonnement. Il ont également annoncé avoir introduit une nouvelle demande de mise en liberté, qui est en cours d’examen.

“Rien ne peut justifier le maintien en détention de ce journaliste, dont nous demandons la libération immédiate et sans condition”, déclare le directeur du bureau Afrique de l’Ouest de RSF, Assane Diagne. “Les délits de presse étant dépénalisés depuis 2010, l’incarcération de Amadou Diouldé Diallo est illégale et témoigne de la volonté des autorités guinéennes de censurer les voix discordantes. Nous les exhortons à se conformer au respect des dispositions de la loi sur les médias et à libérer ce journaliste qui est actuellement en mauvaise santé”, ajoute-t-il.

La Guinée occupe la 110e place au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.
(AIP)
cmas