Niakara, 06 oct 2026 (AIP)- La culture du soja connaît un essor progressif dans le département de Niakara (Centre-nord, région du Hambol), où de plus en plus de producteurs l’intègrent à leurs activités agricoles, contribuant ainsi à la diversification des spéculations et à l’amélioration des opportunités de revenus, a constaté l’AIP, dimanche 4 octobre 2026, dans plusieurs localités de Niakara.
Longtemps concentrée dans le nord-ouest et le nord de la Côte d’Ivoire, notamment dans les régions du Bafing (Touba), du Kabadougou (Odienné) et du Poro (Korhogo), la production de soja s’étend désormais à Niakara, où certains agriculteurs s’y intéressent depuis environ deux ans.
Dans les environs de Sinkaha, village situé à 18 km à l’ouest de Niakara, des producteurs ont commencé à consacrer une partie de leurs parcelles à cette légumineuse. À Sonankaha 2, le cultivateur Silué N’gon, 52 ans, figure parmi ceux qui ont adopté cette nouvelle spéculation agricole.
« Avant, je ne connaissais pas le soja, mais grâce à mes déplacements à Touba et à Korhogo, j’ai opté pour cette culture », a expliqué M. Silué, relevant l’intérêt économique de cette production, dont le prix d’achat est jugé plus rémunérateur que celui du maïs.
Pour ces producteurs rencontrés par l’AIP , dont un agriculteur à Niakara, Hilnan Ouattara (39 ans), la faiblesse relative du prix du maïs, généralement compris entre 100 et 120 FCFA le kilogramme, constitue l’un des facteurs favorisant l’intérêt pour le soja, dont le kilogramme se négocie autour de 300 à 350 FCFA.
Cette évolution traduit une volonté de certains exploitants de diversifier leurs productions afin de réduire leur dépendance à une seule spéculation et de tirer parti de nouvelles opportunités offertes par le marché. Elle pourrait également contribuer à renforcer l’offre locale en matières premières destinées à l’alimentation animale, notamment celle de la volaille.
« Le Bafing, le Kabadougou et le Poro sont les principales zones de production, mais depuis un à deux ans, le soja est entré dans les spéculations agricoles des opérateurs de Niakara, à la satisfaction des éleveurs de volaille », a relevé un acteur du secteur agricole,Yéo Zoumana, interrogé par l’AIP, dimanche à Halnankaha, dans la sous-préfecture d’Arikokaha.
Les superficies emblavées, qui se comptaient encore en quelques centaines d’hectares ces dernières années, connaissent une progression, selon des acteurs locaux. Pour améliorer les rendements et maîtriser les densités de semis, estimées entre 60 et 80 kg de graines par hectare, les producteurs de Niakara bénéficient notamment de l’accompagnement technique des agents locaux de l’Agence nationale d’appui au développement rural (ANADER).
Au-delà de sa valeur commerciale, le soja présente également un intérêt nutritionnel en raison de sa richesse en protéines. Un fonctionnaire du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières à Niakara a indiqué que cette légumineuse offre plusieurs possibilités de transformation locale, notamment en lait, yaourt, farine et gâteaux.
« L’alimentation de la volaille concentre la majeure partie de la production locale de soja », a précisé l’aviculteur Antoine Koffi Django, soulignant l’existence d’un débouché local pour les producteurs.
L’essor du soja à Niakara apparaît ainsi comme une piste de diversification des activités agricoles, susceptible d’élargir les sources de revenus des exploitants tout en favorisant l’approvisionnement des filières locales de transformation et d’élevage.
(AIP)
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