Cet article a été publié le: 30/04/21 14:00 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/ « La politique est-elle une science ? », ou le questionnement d’un auteur sur la nature et l’efficacité des systèmes politiques en Afrique

Daniel Etounga-Manguelle

Abidjan, 30 avr 2021 (AIP)- L’Institut Delayam a organisé, jeudi 29 avril 2021, à la Rotonde des arts contemporains d’Abidjan-Plateau, la présentation de « La politique est-elle une science ? », dernier ouvrage du prolixe auteur camerounais, Daniel Etounga-Manguelle.

L’ouvrage, d’une grande érudition, questionne la nature et l’efficacité des systèmes politiques en œuvre dans les pays francophones d’Afrique, depuis leur accession aux indépendances formelles accordées par la France en 1960.

En prenant exemple sur le cas du Cameroun entré en crise depuis 2016, du fait d’une gestion “hasardeuse” de la diversité de ses populations qui a dégénéré en un conflit majeur entre l’Etat centralisé et la Nation multiculturelle, l’auteur s’interroge sur l’adéquation de « la science politique » qui a conduit à la création des institutions en place, dès lors que ces dernières ne permettent pas aux populations de vivre en paix, en exerçant pleinement leurs droits civiques au sein d’un régime démocratique stable.

En philosophe politique, Etounga-Manguelle dissèque le fonctionnement des systèmes politiques d’un échantillon choisi de pays développés qui inclut les Etats-Unis d’Amérique, la Chine, la Suisse, l’Allemagne, le Royaume Uni, le Japon et la France, pour montrer qu’en réalité il n’y a pas une seule « science politique » mais de multiples « sciences politiques » dont chacune comporte des particularités qui relèvent du génie propre des populations concernées.

De ce point de vue, l’ouvrage montre clairement que « science politique et civilisation » ont parties liées, tout comme « politique et éthique de vie des peuples » et que c’est à cette aune-là, que se mesure l’efficacité de tous les systèmes politiques indépendamment des influences idéologiques du moment.

Dans le contexte actuel des relations internationales où « l’impérialisme n’est pas mort », l’auteur apporte la preuve que la problématique globale reste celle de l’incontournable nécessité d’unir les Africains, et d’amener leurs Etats à parler d’une seule voix, s’ils veulent être entendus dans le concert des nations.

« En définitive, la pandémie du coronavirus ne serait-elle pas pour ce continent-mère, l’opportunité rêvée pour s’émanciper enfin dans tous les domaines », s’interroge l’auteur.

Cette première activité de l’institut Delayam s’inscrit dans son programme de valorisation de la culture par la publication d’ouvrages sur les phénomènes sociaux actuels pour des solutions appropriées en faisant la promotion des auteurs africains, a notamment expliqué la directrice générale, Anne-Marie Konan Payne.

Le programme Delayam Collections de la Fondation Delayam a pour objectif de contribuer à la promotion, à la valorisation et à la préservation de la connaissance et de la culture. Ses actions concernent l’édition, l’appui à la production scientifique et à l’amélioration de l’accès à la connaissance.

(AIP)

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