Cet article a été publié le: 21/11/21 17:07 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/ Le Festimandé prône le brassage culturel entre toutes les communautés pour favoriser le vivre ensemble et l’unité nationale (Interview)

Abidjan, 21 nov 2021 (AIP)- Le Festival des Arts et Cultures des Peuples Mandé et alliés (Festimandé) a ouvert ses portes depuis jeudi 18 novembre 2021, pour se refermer le samedi 20 novembre 2021, au Stade Léon Robert de Man. Lors d’une interview accordée mercredi 17 novembre 2021, à l’AIP, le promoteur  du Festimandé,  Gilbert Gbabgeu Gue présente les objectifs et les attentes de son événement placé autour du thème « Le Festimandé un instrument de paix et de cohésion social pour le Mandé et alliés »
AIP: Qu’est-ce qui a motivé la création du Festimandé?
Gilbert Gbabgeu Gue: L’ idée m’est venue parce que j’ai constaté que tous les festivals ont quasiment un caractère ethnique. Ce faisant, ils ne font pas la promotion du rassemblement et du vivre ensemble avec d’autres communautés. J’ai donc estimé qu’après toutes ces années de souffrances que la Côte d’Ivoire a connues, il était important qu’on crée un festival qui soit un lieu de rassemblement et de brassage entre les  communautés pour favoriser le vivre ensemble et l’unité nationale. En cela, le Festimandé qui est un festival en dehors du peuple Mandé est ouvert à d’autres peuples aussi bien au niveau national qu’international. Le Festimandé veut rassembler le peuple Mandé et alliés ; ce qui en fait un instrument de paix et de cohésion social pour les Mandé et alliés.
AIP: Pour une première édition, quels sont les thèmes qui seront traités au cours de votre festival ?
GGG: Cette première édition est très importante pour nous,  parce ce qu’il faut marquer son organisation. Il faut faire en sorte que cette édition en appelle une autre. C’est pour cela que nous avons tenu à ce que le contenu soit alléchant. Nous avons tenu à mettre en valeur les activités sportives de notre patrimoine culturel, car le peuple Mandé est un peuple qui pratique la lutte traditionnelle. Il y a la course de masque chez le peuple Dan, ce qui fait de lui le seul peuple au monde à pratiquer ce type de course. Ainsi, le Festimandé veut faire la promotion et préserver cette culture. Nous savons qu’avec la mondialisation et la modernisation, nos cultures ont tendance à disparaitre, mais nous devons faire en sorte de les préserver afin que les générations futures puissent en bénéficier pour leur épanouissement.  Et pour cette édition, nous avons œuvré pour que le festival soit marqué par une forte mobilisation des peuples dans la région du Tonkpi, et que tous les villages et hameaux se sentent concernés par ce festival afin que chacun sache que dans la région, il y a un événement dont l’objectif est de rassembler tout le monde.
AIP: La région de Man est certes un creuset culturel, mais pensez-vous voir de nombreux festivaliers au Festimandé ?
GGG: Nous avons ciblé dix (10) mille festivaliers, mais au final, des délégations qui avaient annoncé cent (100) personnes ont envoyé plus de personnes que prévu. Nous sommes heureux de voir un tel engouement pour le projet ; cependant, cela ne va pas sans conséquence au niveau de l’organisation. C’est pourquoi nous sommes en train de nous organiser pour que tout se déroule sans encombre. C’est un élément de satisfactions qui montre que le festival intéresse et accroche les populations. C’est un indicateur qui montre que le festival est bien accueilli par les populations. En ce qui concerne les délégations, elles viennent de partout : Marahoué, Tchologo,  Kabadougou, Bafing, Goh, Worodougou… au  moins cinquante (50) personnes par délégation. En plus, les chefs qui accompagnent les délégations viennent avec des danses.
AIP: Au vu de l’histoire récente de notre pays, le peuple Mandé est une population en quête de paix et de cohésion sociale, mais pouvez-vous nous dire de quelle manière ce festival peut être un instrument de paix ?
GGG: Vous voyez vous-même un monde composite de plusieurs départements et villages de la région du Tonkpi ainsi que d’autres régions. C’est la diversité culturelle de la Côte d’Ivoire. En plus, vous les voyez ensemble. Mieux, pendant trois jours, ils vont se côtoyer, danser, chanter et manger ensemble. C’est un instant important de cohésion et cela permet de décrisper toute tension s’il y en avait. Au cours de ces trois jours, les communautés vont vivre ensemble et nous sommes convaincu que cela va rester gravé dans les mémoires  et fait prendre conscience du fait que nous sommes un et unis. Aussi, nous sommes tous de la même région du Tonkpi et que nous devons vivre ensemble.
AIP: Quelles sont vos attentes pour ce festival ?
GGG: Je souhaite que Festimandé prospère et grandisse en notoriété et en respect. Et qu’il soit le festival de référence de la région du Tonpki. Qu’il se distingue et que toutes les générations et les communautés se donnent la main pour venir danser et chanter chaque fois ensemble. Notre devise, rapprocher les hommes et les peuples par la culture.
Réalisée par Tanguy Gahié
tg/tm