Cet article a été publié le: 10/03/21 17:46 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/ Le marché hebdomadaire de Tankessé: la bonne affaire des producteurs et vendeurs de vivriers et conducteurs de tricycles (Reportage)

Tankessé, mars 2021 (AIP)- La sous-préfecture Tankessé, sur l’axe Agnibilékrou-Tanda, vit une ambiance particulière chaque vendredi, son jour de marché hebdomadaire. Les beaux chants des oiseaux, en ce vendredi 19 févier, montrent que ce jour légèrement ensoleillé est spécial pour les ménages qui peuvent faire leurs provisions pour toute une semaine. Ignames, tomates, bananes, taros, boisson frelatée sont entre autres produits que l’on trouve sur ce marché fortement animé à cette occasion par des producteurs et vendeurs de vivriers locaux et des villages environnants, des marchands venus d’Agnibilékrou et Koun-Fao, du Ghana voisin, de même que les conducteurs de tricycles ou motos-taxis.

“C’est le principal jour de marché de notre localité. Beaucoup de vivriers sont exposés. Les parents ont quitté des villages environnants pour venir vendre leurs produits et repartir”, fait savoir un habitant de cette jeune sous-préfecture, Kouamé Bernard. Dans ce marché, toutes les marchandises sont exposées sur des plastiques où des sacs vides à même le sol où chaque commerçant venu des villages environnants et campements draguent à sa manière la clientèle. “Si tu n’as pas pu écouler ta marchandise le jour du marché, tu risques de tout perdre. Si c’est de la banane, elle va se gâter. Nous faisons tout pour avoir un compromis avec les acheteurs pour écouler nos produits. Actuellement l’offre est plus forte que la demande”, explique pour sa part Kouma Éric, un commerçant arrivé du village environnant de Pengakro.

Comparativement à la ville, les produits vendus sont à la portée de toutes les bourses notamment ceux du terroir qui sont vendus à des prix très accessibles. Par exemple, trois à quatre régimes de bananes se négocient entre 1000F et 2000 Fcfa. On trouve également des régimes à 300 où 500 Fcfa, le tas. Le tas de taros est livré à partir de 100 Fcfa. L’aubergine ‘’Gnagnan’’, la patate, l’igname sont à la portée de toutes les bourses. “Nos routes ne sont pas très praticables. En venant ici, nous prenons toutes les dispositions pour écouler nos marchandises. Nous avons beaucoup de banane cette année dans nos champs. Il faut donc s’en débarrasser rapidement en proposant un prix réduit”, informe Aka Frédéric, un jeune venu du village d’Akasso pour vendre ses régimes de bananes.

Igname, tomate, banane, taro sont les principaux produits que l’on trouve sur ce marché rural.

Les fonctionnaires et même des populations de la localité voient en ce jour de marché,  une occasion pour s’approvisionner en vivres. “Tous les vendredis, je m’approvisionne en nourriture abondamment notamment d’ignames, de banane et taros. Je paye également des vivres”, explique Kouassi Affoué, enseignante à Tankessé. Fait étonnant, aucun cache nez n’est visible sur le visage des vendeuses et même de leurs clients en cette période de hausse de cas de COVID 19 en Côte d’Ivoire. Les mesures barrières de lutte contre la pandémie sont complètement ignorées.

Une culture ancestrale

Tout le monde profite du jour du marché pour faire de bonnes affaires. Ceux qui gagnent le plus sont les conducteurs de tricycles pour le transport des marchandises ou des bagages.  Véritable lieu de retrouvaille et de vente, les jours de marchés représentent de moments importants dans les localités où cet événement se tient une fois par semaine. Un “jour de marché” dans le jargon ivoirien, c’est un jour particulier de la semaine où tous se réunissent ou se rejoignent pour soit vendre, soit acheter. C’est une sorte de foire hebdomadaire où tout le monde s’improvise commerçant. Du coup tout est revu à la baisse.  Ce jour est unique, et il est clair que les ressortissants d’une même région considère ce “jour de marché” comme un jour spécial de la semaine: c’est sacré et c’est un jour où dans certaines localités on ne va pas au champ. Du fait de la particularité de ce jour, il est fort à parier que vous trouverez toujours un représentant des hameaux ou des quartiers les plus éloignés. Ce qui fait que si vous aviez un message à passer aux ressortissants d’une région particulière de la Côte d’Ivoire, le “jour de marché” serait le jour idéal. Connaitre le “jour de marché” d’une ville, c’est en quelque sorte connaitre le jour de rassemblement des ressortissants de cette ville (ou du moins en partie). Pour ce qui est du “jour de marché”, presque toutes les villes ivoiriennes en ont. Même Abidjan n’est pas épargné.

Par Benjamin Soro

(AIP)

bsp/ask