Cet article a été publié le: 9/10/21 20:01 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/ Le PCA de la coop-ca-vica plaide pour un soutien accru de l’Etat aux producteurs de noix de cajou

Bouaké, 09 oct 2021 (AIP)- Le PCA de la société coopérative avec conseil d’administration du vivrier et du cajou (coop-ca-vica), El Hadj Konaté Arouna, a plaidé jeudi 07 oct 2021 pour un soutien accru de l’Etat de Côte d’Ivoire aux producteurs de noix de cajou afin de leur permettre de relever le défi de la qualité du produit.

« La côte d’Ivoire est le premier pays producteur mondial de noix de cajou. C’est une grande fierté non seulement pour nous les producteurs, mais aussi pour tous les ivoiriens. Mais notre pays n’a pas un rang honorable en ce qui concerne la qualité du produit. Nous les producteurs, nous sommes décidés à relever ce défi de la qualité, mais nous avons besoin du soutien de l’Etat. Il faut que l’Etat nous aide à le faire », a-t-il plaidé, lors d’une conférence de presse au siège de sa société coopérative à Bouaké-Beaufort.

Ce soutien, réclamé par le patron de la coop-ca-vica, est multiforme. Il se traduit en termes de formation et d’appui logistique et financier. « L’Etat peut initier une campagne de sensibilisation de proximité pour toucher l’ensemble des producteurs. Il peut également organiser des séances de formation des OPA qui vont ensuite répercuter cette formation à leurs membres », a suggéré M. Konaté.

Selon les explications de ce dernier, les producteurs sont confrontés à un problème de conservation de leur production. Il leur faut donc des magasins de stockage. Il a révélé au passage que soucieuse de la qualité de la noix de cajou, la coop-ca-vica a construit sur fonds propres plusieurs entrepôts de stockage d’une capacité de 1000 à 3000 tonnes chacun, notamment, à Mankono, à Tomono (environ 30km de Mankono), à Kounahiri et à Bouaké.

En plus de ces dispositifs de conservation des noix de cajou, l’Etat doit, selon lui, aider les producteurs à régler l’épineuse question de la sacherie brousse. « Nos producteurs utilisent toute sorte de sac pour emballer le produit, même les sacs en plastique. Or les sacs en plastique retiennent la chaleur qui cause problème à la qualité du produit. Ça détruit l’amende contenue dans la noix de cajou », a-t-il déploré le PCA de la coop-ca-vica, plaidant auprès de l’Etat pour la mise à la disposition des producteurs de la sacherie brousse adaptée.

El Hadj Konaté Arouna a également poussé un cri de cœur en direction de l’Etat afin qu’il appuie financièrement les sociétés coopératives de production et de commercialisation de noix de cajou en se portant garant pour des prêts bancaires au bénéfice de ces OPA.

« L’Etat peut dire qu’il n’a pas d’argent pour appuyer les coopératives, mais il peut se porter garant auprès des structures financières pour qu’elles nous fassent confiance et nous octroient des prêts. Ça l’Etat peut le faire au moins pour les coopératives certifiées », a-t-il indiqué.

A l’en croire, si cela n’est pas fait, les producteurs resteront toujours tributaires des bailleurs de fonds qui leur octroient des financements. « La conséquence de cette situation, c’est que la Côte d’Ivoire sera toujours à la traine en matière de qualité du produit parce que ceux qui nous donnent l’argent pour travailler ne nous laissent pas le temps nécessaire pour leur livrer du produit de qualité », a fait savoir M. Konaté.

Celui qui se veut le porte-voix de l’ensemble des producteurs de noix de cajou en Côte d’Ivoire demande avec insistance à l’Etat de voler à leur secours pour leur permettent de surmonter les nombreuses difficultés auxquelles ils sont confrontés.

« Nous remercions l’Etat pour ce qu’il fait pour nous, mais il doit faire mieux en appuyant financièrement les sociétés coopératives parce que juste que là nous nous sentons abandonnés et orphelins », a imploré le président de la société coopérative lauréate du prix d’excellence de la meilleure coopérative agricole en 2016.

Konaté Arouna en veut pour preuve le retrait des sociétés coopératives de la listes des bénéficiaires du fonds de soutien covid destiné aux entreprises impactées négativement par cette crise sanitaire. « Au niveau de la coop-ca-vica, notre chiffre d’affaires a énormément baissé parce que nos partenaires étrangers n’ont pu effectuer le déplacement en Côte d’Ivoire à cause du covid-19. Mais, malheureusement, nous n’avons pas bénéficié du fonds de soutien », a-t-il déploré.

Cette absence de soutien peut engendrer la disparition pure et simple de la coop-ca-vica avec comme conséquences le chômage de nombreux jeunes qui y travaillent depuis sa création pour pouvoir se prendre en charge. « Nous aidons l’Etat en donnant des emplois à la jeunesse, mais si derrière nous-mêmes nous ne sommes pas épaulés ça risque d’être la catastrophe pour nous, mais aussi pour tous ces jeunes », a-t-il indiqué.

En dépit de tous les griefs qu’ils ont contre l’Etat de Côte d’Ivoire, le PCA de la coop-ca-vica a exprimé ses vifs remerciements au gouvernement et au chef de l’Etat, Alassane Ouattara, pour l’effort consentie en reversant 60% du prix CAF aux producteurs de noix de cajou.

Il a également traduit sa profonde gratitude au directeur général du conseil coton anacarde, Dr. Adama Coulibaly qui « fait beaucoup pour la filière ». Il l’exhorte à continuer d’honorer ses engagements vis-à-vis des producteurs tel que sa promesse d’aider les producteurs de noix de cajou à réaliser des entrepôts pour la conservation de leur produit.

Crée en 2013, la société coopérative avec conseil d’administration du vivrier et du cajou est passé de 40 à 7 243 membres à ce jour pour une production annuelle de plus de 30 000 tonnes de noix de cajou et un chiffre d’affaires de 10 milliards FCFA.

Toute chose qui lui a valu le prix d’excellence de la meilleure coopérative agricole en 2016. La coop-ca-vica ambitionne d’aller à la transformation. Un terrain de 4ha est déjà acquis dans la localité d’Assengou sur l’axe Bouaké-Djébonoua pour la construction de son unité de transformation de noix de cajou.

(AIP)

rkk