Cet article a été publié le: 17/09/21 14:39 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/ Le préfet de la Bagoué ordonne la fermeture du site de prière de dame Adissa Touré à Kolia (Arrêté)

Abidjan, 17 sept 2021 (AIP) – Dans un Arrêté daté du 15 septembre 2021, le préfet de la région de la Bagoué, préfet du département de Boundiali (Nord ivoirien), Amani Tiémoko, ordonne la fermeture du site de prière de dame Adissa Touré à Kolia.

“Les occupants du site de prière à l’exception des propriétaires des lots bâtis et des résidents du quartier sont sommés de quitter les lieux”, stipule l’article 2 de l’Arrêté préfectoral.

Le document administratif évoque, entre autres raisons justifiant la décision de déguerpissement, “la rentrée scolaire et l’occupation des infrastructures scolaires de la ville par les visiteurs en quête de guérison miraculeuse”, “les désagréments causés aux populations riveraines, aux propriétaires des lots bâtis et aux résidents par ces individus en quête de guérison par la prière”.

Le préfet hors grade rappelle également “la nécessité de prévenir d’éventuelles épidémies de choléra, de fièvre Ebola et la propagation du COVID-19 dans la Région de la Bagoué” ainsi que “la réalité des menaces djihadistes aux frontières de la Région de la Bagoué avec le Mali”.

L’Arrêté qui rappelle “la suspension des activités de dame Adissa Touré en date du 10 septembre 2021” et “la présence d’individus sur le site malgré la suspension des activités de dame Adissa Touré”, tout en “considérant les instructions téléphoniques de la Hiérarchie en date du 15 septembre 2021”, ajoute en son article 3 que “les autorités administratives locales et les forces de l’ordre sont chargées, chacune en ce qui la concerne, de l’exécution du présent arrêté qui prend effet à compter de sa date de signature.”

Depuis quelques mois, la ville de Kolia est prise d’assaut par de nombreuses personnes venant des quatre coins de la Côte d’Ivoire et même de la sous-région et d’Europe, en quête de guérison auprès de dame Adissa Touré, présentée comme une “prophétesse” capable d’opérer des miracles, sur la base du Coran. Cette situation divise la communauté musulmane entre d’une part, ceux qui n’y voient aucun inconvénient et d’autre part, ceux qui y voient une supercherie et un blasphème, d’autant plus qu’elle foule au pied les préceptes de l’Islam, estiment-ils. Ces derniers soutiennent plutôt qu’elle opère ses activités et exerce ses pouvoirs de façon mystique, de connivence avec les “Djinns” (génies).

Jusqu’ici, les responsables de l’Islam, notamment le Conseil supérieur des imams, des mosquées et des affaires islamiques (COSIM), ne se sont pas ouvertement prononcés sur la question, en dépit des nombreux appels lancés par des membres de la communauté musulmane en vue d’une clarification.

(AIP)

cmas