Sassandra, 17 août 2026 (AIP)- Le président du collectif des chefs de villages de la région du Gboklê et membre du directoire de la Chambre des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire, Toucrou Papa Justin, a appelé le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, à intensifier la lutte contre l’orpaillage illégal dans les départements de Sassandra et de Fresco.
M.Toucrou a lancé cet appel jeudi 13 août 2026, lors d’un entretien avec l’AIP dans les locaux du conseil régional du Gboklê, déplorant la persistance de cette activité clandestine sur le fleuve Sassandra et les autres cours d’eau du Bas-Sassandra.
Selon lui, les chefs de villages, garants des us et coutumes, sont impuissants face à la détermination des orpailleurs clandestins qui refusent de quitter les sites qu’ils occupent malgré les démarches entreprises pour les convaincre de mettre fin à leurs activités.
« Les orpailleurs illégaux de Sassandra dans leur ensemble sont installés sur l’eau où ils exercent clandestinement leur activité. Les garants des us et coutumes font des efforts tant bien que mal pour les convaincre de partir, mais ces derniers se maintiennent à leur place », a-t-il déploré.
Le chef traditionnel a souhaité que des mesures fermes soient prises contre les auteurs et les complices de l’orpaillage illégal, estimant que la persistance du phénomène constitue une menace pour les populations et l’environnement.
Il a également relevé les conséquences de cette activité sur la qualité de l’eau destinée à la consommation des ménages ainsi que sur les activités agricoles et halieutiques, principales sources de revenus de nombreuses populations de la région.
« La situation pourrait se dégrader davantage et tendre vers l’irréparable si les autorités ne durcissent pas le ton », a-t-il prévenu.
Réagissant, par ailleurs, aux accusations mettant en cause certains chefs de villages dans l’installation des orpailleurs clandestins, Toucrou Papa Justin a rejeté toute implication personnelle et exprimé des réserves quant à une éventuelle complicité de ses collègues.
« Personnellement, je n’ai jamais eu d’échanges avec les orpailleurs illégaux pour l’exploitation du fleuve Sassandra et des rivières. Je doute fortement que mes collègues acceptent de les accueillir dans leurs villages tout en sachant que l’activité qu’ils mènent est proscrite par la loi », a-t-il affirmé.
Le préfet de région, préfet du département de Sassandra, Yao Kouassi Bruno, avait également condamné l’orpaillage illégal à l’occasion de la célébration de la fête de l’Indépendance, exhortant les populations à dénoncer les acteurs de ce phénomène en raison de ses conséquences sur l’environnement et les activités essentielles à leur subsistance.
(AIP)
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