Cet article a été publié le: 14/06/21 16:24 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/ Le président Ouattara échange avec le nouveau Représentant spécial de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest sur les défis sécuritaires

Abidjan, 14 juin 2021 (AIP)- Le chef de l’Etat Alassane Ouattara a échangé, lundi 14 juin 2021, à Abidjan, au Palais présidentiel, avec le nouveau Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Saleh Annadif, sur les défis sécuritaires auxquels est confrontée la sous-région ouest-africaine dans un contexte d’attaques terroristes récurrentes.

M. Saleh Annadif a déclaré à sa sortie d’audience avoir échangé avec le président Ouattara “des défis notamment des défis sécuritaires”, évoquant ce qui s’est passé à la frontière ivoiro-burkinabé, au Burkina Faso et au Mali.

Au moins deux soldats et un gendarme ont été tués samedi 12 juin lors du passage de leur véhicule sur un engin explosif, dans la région de Tehini (nord-est de la Côte d’Ivoire), près de la frontière avec le Burkina Faso. Quelques jours plus tôt, à Tougbo, une zone frontalière du Burkina Faso, une attaque de jihadistes présumés a fait un mort, un soldat ivoirien.

Le Burkina Faso, pays situé entre le Niger et le Mali, a connu dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 juin une attaque meurtrière, la pire depuis le début des violences jihadistes en 2015. Des hommes armés soupçonnés d’être des djihadistes ont attaqué le village de Solhan, dans la province du Yagha (Nord-Est du pays), tuant 132 personnes selon le gouvernement.

“Je crois que nous sommes tous arrivés à la conclusion que c’est des défis globaux qui concernent toute la sous-région. On devrait avoir une vision régionale. Ce qui se passe au Mali et au Burkina concerne également les autres pays”, a souligné le diplomate onusien, rassurant que “les Nations unies et les autres partenaires seront aux cotés des pays de la sous-région pour faire face à ces menaces sécuritaires”.

Une Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT) a été inaugurée en Côte d’Ivoire, jeudi 10 juin, afin d’aider au combat contre les djihadistes qui intensifient leurs actions sanglantes en Afrique de l’Ouest. Le premier ministre ivoirien, Patrick Achi, et le ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, aux côtés du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, ont inauguré l’AILCT à Jacqueville, près d’Abidjan.

Construits sur une superficie de 1 100 hectares de cocoteraies, trois bâtiments permettent d’accueillir « trois stages de formation de 25 stagiaires » qui participent à des entraînements des forces spéciales et sont formés à faire face à la menace « terroriste ». « L’AILCT doit devenir un pôle d’expertise et de compétence régional de la lutte contre le terrorisme au bénéfice de la stabilité de nos Etats et de la sécurité de nos populations », a déclaré le président ivoirien, Alassane Ouattara. Selon Patrick Achi, « l’AILCT sera l’avant-garde de la riposte d’une Afrique de l’Ouest libre et consciente, spécialement entraînée et irrémédiablement déterminée » à lutter contre les djihadistes.

La France joue un rôle moteur dans la lutte contre les groupes djihadistes, avec la présence de 5 100 militaires de la force « Barkhane » dans plusieurs pays du Sahel, dont le président Emmanuel Macron a cependant annoncé, jeudi, la fin progressive.

« Le fléau du terrorisme n’est pas une fatalité ni en Afrique ni ailleurs, c’est une menace qu’il nous faut combattre, comme nous continuerons à le faire au Sahel et comme nous le ferons ici ensemble, a déclaré M. Le Drian. Nous le faisons avec cohérence et pragmatisme, en mobilisant les meilleurs spécialistes dans des infrastructures optimales. Nous savons que notre responsabilité, c’est de combattre ensemble cet ennemi commun dont les exactions au Sahel nous concernent directement, car sur la carte des menaces, le Sahel est la frontière sud de l’Europe et la frontière nord des Etats du golfe de Guinée. »

Le chef de la diplomatie française a précisé que l’AILCT devait accueillir et former « policiers, militaires, gendarmes, magistrats ou encore douaniers et personnels des administrations pénitentiaires », mais serait « également un lieu d’échanges où ils pourront mettre en commun leur expérience et tisser des réseaux dont la valeur ajoutée ne manquera pas de se faire sentir en ces temps de crise ».

« Avec l’appui de la France, des Européens, de la communauté internationale, les Etats de la région doivent intensifier leur coopération militaire, leur coopération sécuritaire et leur coopération judiciaire […] en agissant avec la même énergie et la même exigence sur l’ensemble du spectre du contre-terrorisme, selon M. Le Drian. Il faut désormais que tous les acteurs de la région s’approprient pleinement cet outil exceptionnel, tout en intensifiant leur engagement commun contre les groupes qui les menacent.

La nomination du Tchadien Saleh Annadif comme Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel a été annoncée le 26 mars 2021. Il était depuis 2015, Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU au Mali et Chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation dans ce pays (MINUSMA). Il succède au Ghanéen Mohamed Ibn Chambas.

Le nouveau Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel est doté d’une riche expérience nationale et internationale, après avoir pris part à plusieurs processus de paix en Afrique, y compris au Niger, en République centrafricaine et au Soudan. Il est titulaire d’un diplôme d’ingénieur en télécommunications de l’École polytechnique de Madagascar et parle couramment l’anglais, l’arabe et le français.

(AIP)

ako/ask