Abidjan, 18 sept 2026 (AIP) – Le Projet d’amélioration de la résilience des communautés côtières en Côte d’Ivoire et au Ghana a permis de restaurer 53 hectares de mangroves entre Grand-Bassam et Jacqueville, afin notamment de sécuriser les bordures de la lagune et de stabiliser les sols, a annoncé jeudi 17 septembre 2026 à Abidjan son coordonnateur régional pour le compte d’ONU-Habitat, Mouhamadou Diéné.
« En termes d’avancées, je pense qu’on a pu contractualiser avec des partenaires de mise en œuvre, dont Habitat for Humanity, qui est en charge de la restauration de plusieurs hectares de mangroves », a déclaré M. Diéné lors de la troisième session du comité de pilotage du projet.
« Aujourd’hui, on est à peu près à 53 hectares cumulativement entre Grand-Bassam et Jacqueville, qui ont été restaurés, où on a planté des palétuviers pour sécuriser les bordures de la lagune, mais aussi stabiliser le sol », a-t-il précisé.
La troisième session du comité de pilotage visait à présenter les résultats des discussions du comité technique sur l’état d’avancement des activités des différentes composantes du projet au cours du semestre, ainsi qu’à recueillir les avis et recommandations des membres pour la prochaine période de mise en œuvre.
M.Diéné a insisté sur l’implication des populations locales dans les activités de restauration des mangroves, estimant qu’il s’agit de l’une des conditions de réussite du programme.
« Ce sont elles-mêmes, ces populations, qui plantent avec nous, qui sont chargées de la sécurisation, de l’arrosage et de la préservation de ces zones-là, pour qu’on puisse avoir un taux de réussite assez important des palétuviers qui sont plantés dans les communautés », a-t-il expliqué.
Le coordonnateur régional a également souligné la collaboration avec le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique ainsi qu’avec les directions régionales des Eaux et Forêts de Grand-Bassam et de Jacqueville.

Le projet prévoit également la mise en place de bassins d’infiltration et de rétention destinés à réduire les risques d’inondation dans les communautés, ainsi que des zones de drainage végétalisées.
« Ce sont des bassins de rétention qui vont éviter que les communautés soient inondées lorsqu’il pleut. Il y a ce qu’on appelle des zones de drainage également. Au lieu d’avoir des drains qui sont faits en béton et en ciment, on a des zones végétalisées qui peuvent permettre de drainer les eaux en excès », a expliqué M. Diéné.
Pour sa part, le partenaire du projet, Dr Luc Boerboom, de l’Université de Twente, aux Pays-Bas, a relevé que les activités économiques et les investissements sont fortement concentrés dans les zones côtières, particulièrement exposées aux risques.
« Nous avons découvert qu’il y a un corridor secondaire qui, par la nature, est déjà en train de se développer. Personne ne le connaît, mais nous le voyons maintenant. Et nous pouvons utiliser ce corridor secondaire pour enlever la pression du corridor primaire », a-t-il indiqué.
Le président du comité de pilotage, Pr Kouadio George, conseiller technique et coordonnateur du programme Ozone au ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, a déclaré que le gouvernement a été interpellé afin de trouver des solutions urgentes pour réduire l’impact du changement climatique sur les populations, notamment celles des zones côtières fortement touchées par l’érosion et l’élévation du niveau de la mer.
La troisième session du comité de pilotage a été organisée par ONU-Habitat et le Fonds d’adaptation, en partenariat avec l’Université de Twente, le Bureau national d’études techniques et de développement (BNET), l’ONG Habitat for Humanity et la Convention d’Abidjan.
Le Projet d’amélioration de la résilience des communautés côtières en Côte d’Ivoire et au Ghana vise à réduire la vulnérabilité des petites et moyennes localités côtières face aux effets du changement climatique.
Il repose notamment sur le renforcement de la coordination régionale et de la planification stratégique à travers une stratégie transfrontalière de développement côtier et le partage de bonnes pratiques, ainsi que sur le renforcement des capacités locales d’adaptation.
Le projet, qui a débuté en 2024 et qui prend fin en 2026, s’articule autour de trois composantes à savoir le renforcement de la planification spatiale pour l’adaptation au changement climatique côtier à différentes échelles géographiques, le développement, la mise en œuvre et la gestion d’interventions concrètes destinées à renforcer les capacités d’adaptation des communautés côtières et le renforcement de la coordination et de la coopération entre la Côte d’Ivoire et le Ghana.
A terme, le projet doit contribuer à renforcer la protection des communautés côtières, les capacités des institutions locales et la diffusion de solutions d’adaptation reproductibles à l’échelle régionale.
Les participants à cette session, au nombre de 19, sont principalement des représentants du secteur public et des partenaires techniques engagés dans le renforcement de la résilience des communautés côtières en Côte d’Ivoire.
(AIP)
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