Korhogo, 04 août 2026 (AIP) – Les autorités administratives et sanitaires ont lancé, lundi 03 août à Korhogo, une opération de renforcement des visites de contrôle et de répression visant à assurer l’application effective de l’interdiction de fumer dans les lieux publics, dans le cadre de la mise en œuvre de la politique nationale de lutte contre le tabagisme.
Cette initiative s’inscrit dans le projet d’appui à l’application de l’interdiction de fumer dans les espaces publics conduit par le ministère de la Santé, à travers le Programme national de lutte contre le tabagisme, l’alcoolisme, la toxicomanie et les autres addictions (PNLTA).
Présidant la cérémonie, le secrétaire général de préfecture, Digbé Dahié Romain, a rappelé que la protection de la santé des populations demeure une priorité de l’action gouvernementale. « Le tabagisme figure parmi les premières causes évitables de morbidité et de mortalité dans notre pays. Personne, fumeur ou non-fumeur, n’est à l’abri des effets nocifs de la fumée de tabac », a-t-il déclaré.
Il a rappelé que la Côte d’Ivoire s’est dotée d’un cadre juridique renforcé avec la loi du 23 juillet 2019 relative à la lutte antitabac, complétée par le décret de 2012 et renforcée par le décret n°2025-42 du 15 janvier 2025 qui interdit de fumer dans les lieux publics, les lieux de travail et les transports en commun, tout en étendant cette interdiction à la chicha, aux cigarettes électroniques et au tabac chauffé.
Selon lui, après plusieurs années de sensibilisation des populations et des exploitants d’établissements recevant du public, l’heure est désormais à une application rigoureuse de la réglementation.
« Le temps est venu de passer résolument à une phase plus ferme, celle du contrôle et, le cas échéant, de la répression », a insisté le secrétaire général de préfecture. Il a invité les responsables de bars, maquis, restaurants, hôtels et autres établissements recevant du public à faire respecter effectivement l’interdiction de fumer dans leurs locaux, rappelant que les contrevenants ainsi que les exploitants qui tolèrent ces pratiques s’exposent aux sanctions prévues par la loi.
Le chef de mission du PNLTA, Dr Koffi Nestor, a précisé que l’objectif de cette opération n’est pas d’interdire la consommation du tabac, mais de protéger les non-fumeurs contre l’exposition à la fumée. « Nous ne disons pas aux gens de ne pas fumer. Nous demandons simplement que les non-fumeurs soient protégés contre la fumée du tabac. Dès lors que vous souhaitez fumer, vous devez le faire dans un espace où vous ne mettez pas les autres en danger », a-t-il expliqué.
Le médecin a rappelé que la Côte d’Ivoire met en œuvre les dispositions de la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la santé pour la lutte antitabac, ratifiée par le pays, afin de réduire les conséquences sanitaires du tabagisme actif et passif.
Selon les données du ministère de la Santé, le tabac est responsable de plus de 5 000 décès par an en Côte d’Ivoire. Les enquêtes les plus récentes indiquent une prévalence de 11,6 % du tabagisme chez les jeunes de 13 à 15 ans et révèlent que près de la moitié d’entre eux (47,5 %) sont exposés à la fumée de tabac dans les lieux publics.
À l’issue de la cérémonie, des équipes mixtes composées des services de santé, des forces de défense et de sécurité et de l’administration préfectorale ont entamé des visites dans plusieurs bars, maquis, restaurants et autres établissements recevant du public de Korhogo afin de vérifier le respect de la réglementation, de sensibiliser les exploitants et de sanctionner les éventuels contrevenants.
(AIP)
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