Cet article a été publié le: 4/08/22 14:39 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/ Les femmes sont sous représentées dans les entreprises et les instances décisionnelles (Etude)

Abidjan, 04 août 2022 (AIP)- Les résultats préliminaires d’une étude menée par le Groupe des organisations féminines pour l’équité homme-femme (GOFEHF) révèlent que les femmes sont sous-représentées dans le secteur privé et dans les instances décisionnelles en Côte d’Ivoire.

Cette annonce a été faite lors de l’atelier de présentation de l’étude, jeudi 4 août 2022 à l’Hôtel Tiama, à Abidjan Plateau, sur le thème “Etat des lieux de la représentation des femmes dans le secteur privé et dans les organisations professionnelles des employeurs et employés”.

Pour la présidente du GOFEHF, Rachel Gogoua, ces chiffres sont alarmants. « L’équité et l’égalité du genre sont les clés de la performance. Les décideurs oublient que soutenir et faire la promotion des femmes dans tous les secteurs est bon pour les affaires, booste la croissance économique durable, et améliore même l’image de la structure », soutient-elle. Pour elle, les décideurs doivent savoir l’importance des données statistiques, l’impact de la politique d’inclusion de la femme sur la croissance économique, la productivité et la performance.

Le tableau actuel de la représentativité des femmes dans les différentes institutions fait ressortir huit femmes sur 49 ministres, soit 16,32%; 29 femmes sur 255 députés, soit 11,37%; 19 femmes sur 99 sénateurs, soit 19,19% ; 16 femmes élues sur 201 maires, soit 7,96% ; 29 femmes sur 113, soit 25,66% au Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) et une seule femme sur 31 présidents de conseils régionaux, soit 3,33%.

Cette étude à l’endroit des décideurs politiques, a été menée sur six mois à Abidjan, Bouaké, San Pedro et Korhogo afin de savoir les leviers et les pesanteurs socio-culturelles et économiques qui pourraient expliquer cette sous-représentation numérique en Côte d’Ivoire.

« Nous avons constaté que les gens ont des appréhensions car ils pensent que les femmes seraient moins compétitives, moins compétentes, leurs congés de maternités sont chers », a expliqué le consultant principal de l’étude, Amadou Touré, par ailleurs, économiste.

Pour la conseillère technique au ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Awa Sylla, cette étude vient à point nommé. « Cependant, nous voudrions davantage de soutien technique et financier des partenaires au développement pour la production de données statistiques sur toute l’étendue du territoire, afin d’éliminer toute sortes de discrimination et améliorer les conditions de travail des femmes », a déclaré l’émissaire de la ministre Nassénéba Touré.

« Produire des données factuelles, promouvoir la parité sur le marché de l’emploi et veiller à l’égalité des sexes permettront de corriger les inégalités socio-économique. Ces données permettront d’éclairer les actions, les contextualiser de manière pertinente dans les différents contextes nationaux… », a soutenu la spécialiste programme gouvernance à ONU Femmes, Anna Bailly-Traoré.

Cette étude a bénéficié de l’appui technique et financier d’ONU Femmes, du PNUD, du BIT et du GOFEHF. L’atelier vise à informer davantage les différentes parties prenantes sur les défis et enjeux de l’étude en cours, présenter les résultats préliminaires de l’étude, et recueillir des suggestions et recommandations des différentes parties pour l’amélioration des résultats.

(AIP)

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