Bouaflé, 7 oct 2026 (AIP)-Une délégation du Comité départemental de lutte contre l’orpaillage illégal (CDLOI), conduite par le sous-préfet de Bouaflé, Essoh Henri, a appelé, mardi 6 octobre 2026, les populations de Degbézré et de Kaviessou, dans la sous-préfecture de Bouaflé, à se mobiliser pour mettre fin aux activités d’orpaillage illégal.
Cet appel a été lancé lors d’une campagne de sensibilisation menée dans ces localités, conformément aux instructions du gouvernement visant à lutter contre ce phénomène et à préserver les ressources naturelles.
Selon M. Essoh, cette campagne fait suite à la rencontre nationale de concertation et d’harmonisation des mécanismes de lutte contre l’orpaillage illégal, tenue les 4 et 5 septembre 2026 à Yamoussoukro, dans le cadre de la mise en œuvre des décisions du Conseil national de sécurité du 23 juillet 2026. Les préfets ont notamment été chargés de prendre des mesures afin de mettre fin à l’orpaillage illégal dans un délai de six mois.
Il a invité les chefs de village, les associations de jeunesse et de femmes ainsi que les mutuelles de développement à apporter leur concours à cette mission. Il a rappelé que les chefs de village sont tenus d’informer l’administration de tout cas d’orpaillage illégal et de contribuer à la fermeture des sites clandestins.
Le défaut d’accomplissement de cette mission peut entraîner le retrait de leur arrêté de nomination, a-t-il averti, ajoutant que les complices s’exposent également à des peines d’emprisonnement renforcées.
La directrice régionale de l’Environnement et de la Transition écologique de la Marahoué Kouachi Sopie Augustine a, pour sa part, insisté sur les conséquences environnementales et sanitaires de l’orpaillage illégal.
Elle a dénoncé la dégradation des sols, la pollution des cours d’eau et les risques liés à l’utilisation de substances toxiques, notamment le mercure, dont les eaux contaminées peuvent atteindre les nappes phréatiques, les sources d’eau et les cultures.
Elle a également attiré l’attention sur les conséquences de cette activité sur la jeunesse, notamment l’abandon scolaire au profit de gains immédiats. Elle a exhorté les populations à privilégier des activités économiques saines et durables, tout en invitant les personnes désireuses de pratiquer l’exploitation minière à le faire dans un cadre légal.
Le directeur régional des Mines et de la Géologie de la Marahoué, Sanogo Souleymane a, quant à lui, expliqué la différence entre l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAP), qui est encadrée par la loi, et l’orpaillage illégal.
Il a relevé que les activités illégales se caractérisent notamment par l’absence d’autorisation, l’utilisation de produits toxiques, l’abandon de puits ouverts et la pollution des cours d’eau.
Il a présenté l’exploitation légale comme une alternative permettant aux communautés de bénéficier de retombées économiques encadrées.
Des protocoles d’accord peuvent notamment fixer les compensations dues aux propriétaires de terres, aux villages et les conditions d’exploitation, tandis que les entreprises autorisées sont soumises à des normes environnementales et peuvent être sanctionnées en cas de manquement.
Le responsable des Mines et de la Géologie a également appelé les jeunes impliqués dans l’orpaillage illégal à se tourner vers des alternatives légales, notamment l’insertion professionnelle dans les entreprises minières autorisées et la création de coopératives minières, encouragée par le nouveau Code minier.
Il a enfin invité les populations à signaler aux autorités tout site d’exploitation illégale afin de permettre des interventions rapides. « L’exploitation de l’or n’est pas interdite en Côte d’Ivoire, à condition qu’elle soit faite dans le cadre légal », a-t-il rappelé, appelant les communautés de Degbézré et de Kaviessou à choisir la voie de la légalité, de la sécurité et du développement durable.
(AIP)
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