Cet article a été publié le: 17/06/21 8:26 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/ Les villages Atchan d’Abidjan s’évertuent à adresser la problématique de chefferie en leur sein

Abidjan, 17 juin 2021 (AIP)- La soixantaine de village Ebrié, Atchan d’Abidjan, a entrepris, mercredi 16 juin 2021, de rencontrer le conseiller du Premier ministre chargé du développement des villages Atchan, Djama Dibi Antoine, par ailleurs, président de la Cellule d’actions pour la cohésion et le développement des villages Atchan (CACDVA), pour ébaucher ensemble des pistes de solutions, à l’effet d’adresser la problématique de chefferie qui porte atteinte à la cohésion dans ces villages.

M. Djama a expliqué que cette rencontre qui a porté sur la cohésion sociale dans les 60 villages Atchan a été l’occasion de prôner la paix, l’amour et le vivre ensemble. « Je suis à la disposition de mes frères et amis en tant qu’acteur du développement pour redonner un nouveau souffle de vie à nos villages », a-t-il déclaré.

Membre de la CACDVA, Bouedan Louis Jacques a expliqué que cette démarche s’inscrit dans le cadre de la recherche de solutions aux difficultés rencontrées dans les villages Atchan. Il a expliqué qu’après les Dougbos, une période de mutation a conduit les Tchagba au pouvoir. « Il y a eu un changement, un mouvement, une mutation et le pouvoir a été laissé aux Tchagba. Il y a eu un mode de désignation de chef et dans tous ces villages il y a des difficultés », a-t-il indiqué.

« Chaque génération étant régie par des catégories, les Tchagba Djehou, les aînés, les sages qui ont un droit de regard dans toute différente prise de décision concernant ces villages, ont décidé de rencontrer leur leader qui est Djama Dibi Antoine qui a en charge le processus de développement des villages Atchan », a-t-il ajouté.

Selon M. Bouedan, cette rencontre va permettre d’aboutir à un atelier pour rechercher les difficultés liées à la désignation consensuelle d’un chef, en vue de trouver des solutions.

Il a ajouté que les difficultés rencontrées sont imputables aux aînés, les Dougbos, qui ont dirigé les villages. « Par des intérêts égoïstes, ils continuent de manipuler pour imposer quelqu’un afin qu’ils puissent avoir un droit de regard sur ce qui se passe dans les villages. C’est en cela que les doyens se sont levés pour dire qu’il faut que tout cela s’arrête pour que nous ayons une cohésion sociale », a conclu le cadre Atchan.

L’une des structures fondamentales de la société Atchan concerne les générations d’habitants. Une génération regroupe tous ceux qui sont nés dans un espace de temps de quinze ans au moins. Les membres de la même génération se considèrent tous comme des frères. Cette organisation prend en compte les deux sexes. L’on distingue quatre générations désignées sous les appellations  Blessoué, Gnando, Dougbo et Tchagba.

Chaque génération comprend quatre classes d’âge dont les noms sont Djehou (aînés), Dogba (puînés), Agban (cadets) et Assoukrou (benjamins). Le cycle complet des quatre générations dure soixante ans. Cette organisation sociale repose essentiellement sur des clans qui sont fonctions du lignage maternel.

Toutefois, un enfant qui naît appartient à son père. Ce dernier est chargé de lui donner un nom. C’est lorsqu’il grandit qu’il intègre sa famille maternelle (système matrilinéaire). Les rapports entre les générations sont institutionnalisés. Cette organisation fait que pour le peuple Atchan, tous les individus sont égaux en droits et en devoirs et sont chargés de diriger les affaires du village. Ce qui fait de la société Atchan, une communauté égalitaire et démocratique.

(AIP)

gak/cmas