Sassandra, 07 sept 2026 (AIP)- Le fondateur de la marque de véhicule « Kpandji » plaide pour la mise en place d’une politique pour le soutien de l’industrie automobile dans laquelle il évolue. Au cours d’un entretien accordé samedi 5 septembre 2026 à l’AIP à Sassandra, l’entrepreneur et chef d’entreprise a relevé les impacts de cette politique sur le coût des véhicules en faveur des demandeurs et a annoncé la construction d’une usine de fabrication de composantes d’automobiles dans une localité du département de Bouaké dans les prochaines années.
AIP: Qu’est-ce qui vous a inspiré à mettre sur pied la marque de véhicule Kpandji ?
En ma qualité de jeune entrepreneur ivoirien imprégné des difficultés qu’il y a pour acquérir un véhicule en Côte d’Ivoire. Il m’a été donné de faire le choix entre les plaintes liées à cette impasse et le changement. J’ai opté pour le changement, d’où la création de ma marque de véhicule. Mon projet en dehors de l’innovation qui est applaudie par nos compatriotes et par l’ensemble des africains de la diaspora vise surtout la démystification de l’automobile pour permettre à nos frères et sœurs d’acquérir un véhicule.
AIP: Comment se porte votre projet de fabrication de véhicules ?
Notre projet se porte bien. Cependant, il démarre dans un environnement où notre pays la Côte d’Ivoire n’a pas encore de politique qui encadre l’industrie automobile. Nous nous réjouissons parce que nos autorités travaillent pour trouver une solution à cette situation d’ici la fin de cette année avec la mise en place de la Politique automobile de Côte d’Ivoire (PACI).
AIP: Avez-vous des attentes par rapport au Programme National de Développement 2026-2030 ?
La Côte d’Ivoire, lancée dans le Programme national de Développement 2026-2030 doit faire de l’installation des bases de la politique de l’industrie automobile une priorité pour avoir le positionnement qu’elle mérite tant au niveau de la sous-région qu’à l’extérieur du continent africain. Pour l’heure, nous sommes à l’ère des concessionnaires automobiles qui font du commerce de véhicules fabriqués à l’étranger.
AIP: Qu’est-ce qui différencie vos véhicules à celles des autres concessionnaires du milieu de l’automobile ?
Kpandji avec une équipe composée de technocrates ivoiriens a la particularité de fabriquer ses véhicules avant de les commercialiser. C’est une vérité à exprimer à toutes les occasions. Les jugements de valeur visant à dénigrer les produits nationaux doivent absolument cesser. Nos véhicules montés en Côte d’Ivoire rassurent. Ils rassurent au niveau de la qualité, de la sécurité et de la disponibilité des pièces de rechange.
AIP: Certains déplorent le coût élevé de vos véhicules. Comment réagissez-vous ?
Pour évaluer le coût d’une voiture, il faut le placer dans le standing des véhicules. Sur le marché, notre marque propose des voitures largement moins coûteuses. Etant donné qu’Il n’y a pas encore de loi qui régit l’industrie automobile en Côte d’Ivoire, nous subissons beaucoup de taxes. L’entrée en vigueur du programme automobile que nous souhaitons ardemment permettra à notre structure de bénéficier des avantages liés au secteur de l’industrie automobile. Mais il faut aussi noter que la mise en place de ce programme fera connaître une chute drastique des prix des véhicules au grand bonheur de nos compatriotes.
AIP: Avez-vous des projets dans d’autres secteurs d’activités ?
Nous allons demeurer dans l’industrie automobile. Les composantes de notre marque sont importées à 100%. Un véhicule, c’est entre 20.000 et 30.000 composants. Il faut donc rapidement bâtir une usine de fabrication de certains composants. Nous prévoyons pour cela de bâtir d’ici dans deux ou trois ans une usine dans le département de Bouaké, d’où je suis originaire. Cette initiative va également aider à la réduction du chômage dans les villages.
AIP: Exercez-vous, en étroite collaboration avec l’Etat et ses différentes composantes ?
Nous avons un appui institutionnel de base des autorités mais nous attendons la mise en place d’une politique automobile pour que nous puissions bénéficier des avantages liés à notre secteur
AIP: Quel est votre message à toute la diaspora ivoirienne ?
Nos frères et sœurs doivent nous faire confiance. Nous sommes en mesure de fabriquer des véhicules mais il leur revient de les acheter. En le faisant, ils nous accompagnent et contribuent à la construction de leur pays au niveau économique.
(AIP)
(interview réalisée par Landry Koudou, AIP Sassandra)
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