Cet article a été publié le: 5/12/20 9:18 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/ Odienné désormais ville paisible grâce à une action conjuguée populations-FDS

Odienné, 05 déc 2020 (AIP)- Loin de l’image peu reluisante de ville violente qui lui a longtemps été collé à la peau, Odienné présente aujourd’hui le visage d’une cité paisible, grâce à l’action conjuguée des différentes couches sociales ainsi qu’une plus grande collaboration entre les populations et les forces de sécurité.

La présidentielle du 31 octobre 2020, totalement apaisée à Odienné, passe comme la parfaite illustration du nouveau climat qui y règne. Aucun acte de destruction déploré.  Zéro bagarre, Zéro blessé, zéro mort, là où plusieurs parties du pays se sont embrasées, avec à la clé 85 morts officiellement déclarés.

Vice-président de la jeunesse communale, Souleymane Cissé, se félicite de la situation dont la frange, selon lui, a grandement contribué, à travers des initiatives de sensibilisation à la non-violence, autour d’un concept intitulé « fairplay élection ».

Des actions en faveur de la paix et de la cohésion sociale qu’entend poursuivre la jeunesse communale d’Odienné, à travers notamment un « tournoi de la fraternité », prochainement, et bien d’autres activités socio-culturelles dont une opération don de sang, « pour dire aux jeunes que l’essentiel c’est la vie ».

Une particularité à Odienné, les clubs de thé communément appelé « Grin » constituent également aujourd’hui un atout pour la cohésion sociale. « Espaces de rencontre et d’échanges », les grins entendent dorénavant se positionner comme des espaces de promotion du vivre ensemble harmonieux. Une mission déjà entamée avec des tournées du président de l’association les réunissant, Vassanissi Touré, dans les clubs, au cours desquelles il prône la paix tout en exhortant au travail, en tant facteur de cohésion car éloignant la jeunesse du vice et de la violence.

L’action de la chefferie traditionnelle d’Odienné, en lien avec les autres chefs de communautés, au-delà de toute autre, reste cependant le ciment qui chaque jour solidifie un vécu paisible.

Dans la capitale du Kabadougou vivent sept communauté allochtones, les Akan, les Krou, les Wê, les Senoufo, les Koyaka, les Dan, les Koyaka qui ont formé un grand regroupement. Le regroupement travaillant en étroite collaboration avec la chefferie traditionnelle locale, pour un vivre ensemble harmonieux.

« Que ce soit à la préfecture ou chez le chef canton nous sommes associés. J’ai particulièrement apprécié l’initiative du chef de canton de nous appeler tous avant les élections pour recevoir des directives à partager au sein de nos différentes communautés. Je pense que cela a contribué à ce que tout se passe bien ici à Odienné », s’est félicité le chef de la communauté Akan, Bernard Kpagba.

L’un des cadres privilégiés de collaboration des différentes couches sociales et communautés vivant à Odienné est le comité départemental de veille et de suivi de la cohésion mis sur pied par l’institution Le Médiateur de la République, par le biais de sa délégation régionale Kabadougou/Folon.

Un comité dirigé par un représentant de la chefferie local, secondé par un chef de communauté allochtone et celui de la communauté des ressortissants de la CEDEAO. Un mécanisme impliquant l’ensemble des communautés, avec pour mission d’anticiper des conflits éventuels, et, qui vient ainsi participer au renforcement de la cohésion sociale dans le département d’Odienné.

En appui des actions de l’ensemble des représentations sociales, celles conduites par les forces de sécurité, dans le cadre de la police de proximité, a aussi grandement contribué, à l’instauration du climat de paix à Odienné.

Approche impulsée par le commissaire Célestin Goly depuis trois ans à la tête du commissariat d’Odienné, la police est engagée à fond dans la sensibilisation, en lien étroit avec la chefferie traditionnelle et les leaders communautaires.

« Chaque mois nous nous déplaçons dans un quartier. Avec l’appui du chef nous réunissons les populations notamment les jeunes pour les exhorter à la collaboration. Le message que nous portons est que c’est ensemble que nous allons travailler pour la sécurité de la ville. En 2019, nous avons sillonné l’ensemble des quartiers. En 2020 la crise du Covid-19 a contrarié notre action », a confié le commissaire Goly.

Un travail qui selon lui a permis de briser le mur de méfiance qui se dressait au départ entre la police et les populations locales.  « Les gens apprécient ce que nous faisons qui tout en favorisant un climat sécuritaire plus serein contribue aussi à instaurer la cohésion au sein des populations », a noté le commissaire, annonçant la poursuite et l’extension des activités de proximité aux villages intégrant le territoire communal. Une initiative entamée dans le village de Gbanhala.

La contribution de la police d’Odienné au maintien d’un climat social apaisé repose par ailleurs sur rapports privilégiés avec la chefferie traditionnelle, avec à sa tête le chef de canton, sur laquelle elle s’appuie pour la sensibilisation des populations à adopter le bon comportement.

La dernière rencontre des forces de police d’Odienné avec les autorités traditionnelles date du jeudi 5 novembre 2020, au cours de laquelle elle leur ont exprimé leur reconnaissance pour leurs actions d’appui qui ont permis de préserver un climat social apaisé, spécialement lors du processus ayant conduit à l’élection du président de la République.

(AIP)

kg/tm