Yamoussoukro, 6 sept 2026 (AIP) – Un plan d’actions national visant à renforcer et harmoniser les mécanismes de lutte contre l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire a été adopté, samedi 5 septembre 2026, dans le numéro de l’atelier national de concertation et d’harmonisation tenu à Yamoussoukro.
Cette feuille de route, élaborée au terme de 48 heures de travaux, prévoit notamment le renforcement du renseignement, de l’alerte et de la surveillance, l’amélioration de la coordination territoriale ainsi que le durcissement des sanctions contre les auteurs, complices et commanditaires de l’orpaillage illégal.
Les travaux, organisés à l’initiative du secrétariat exécutif du Conseil national de sécurité (CNS), en liaison avec le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité et le ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, ont réuni 157 participants issus notamment des administrations centrales et déconcentrées, des forces de défense et de sécurité, des collectivités territoriales, des autorités traditionnelles et des organisations professionnelles du secteur minier.
L’adoption de ce plan intervient alors que les autorités autorisent des résultats significatifs enregistrés dans la lutte contre le phénomène depuis 2021, tout en pertinent la persistance de l’orpaillage illégal et la recolonisation de certains sites déguerpis.
Selon le bilan présenté au cours de l’atelier, les opérations conduites entre juillet 2021 et juillet 2026 ont permis le déguerpissement de plus de 1 000 sites occupés ou recolonisés, à travers 8 500 opérations, le déferrement de 4 665 individus ainsi que la saisie d’environ 136 kg d’or, de plus d’un milliard de francs CFA, de 745 pelleteuses et de nombreux autres matériels. L’État a, par ailleurs, mobilisé plus de 15 milliards de francs CFA sur cette période pour soutenir les actions de lutte.
Face à la persistance du phénomène, les participants ont recommandé une plus grande responsabilisation du corps préfectoral, une meilleure coordination entre les acteurs, la consolidation des mécanismes de veille, de renseignement et d’alerte, ainsi que des sanctions plus dissuasives.
Le plan d’actions s’articule autour de trois domaines principaux : le renseignement, l’alerte et la surveillance ; la coordination et la gouvernance ; ainsi que les sanctions et la dissuasion. Les préfets de région se sont notamment engagés à œuvrer à l’éradication de l’orpaillage illégal dans un délai de six mois dans leurs circonscriptions administratives respectives.
Parmi les mesures prioritaires figurent la cartographie systématique des sites légaux et illégaux, la transmission des fichiers biométriques des acteurs impliqués, la redynamisation des comités départementaux de sécurité et des cellules civilo-militaires, ainsi que l’extension du dispositif d’alerte et de veille aux autorités préfectorales.
Le plan prévoit également le renforcement de la présence du Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal dans les régions les plus touchées, la planification d’opérations par les préfets avec les forces locales, la création de 21 pelotons de sécurité fluviale pour surveiller les principaux cours d’eau du pays et la coopération avec les pays frontaliers, notamment le Libéria, le Mali et le Ghana.
Sur le volet judiciaire, les participants préconisent l’aggravation des peines prévues pour les infractions liées à l’orpaillage illégal, avec notamment la confiscation des biens des personnes condamnées. Ils proposent également d’ériger en infraction pénale autonome toutes les formes de participation à ces activités, notamment le financement, la fourniture de moyens matériels et financiers et la mise à disposition de sites.
En clôturant les travaux, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le général Diomandé Vagondo, a appelé à la mise en œuvre efficace des recommandations, estimant que le rapport constitue désormais adopté une véritable feuille de route pour l’ensemble des acteurs engagés dans la lutte contre ce phénomène.
Il a souligné que l’approche fondée uniquement sur les déguerpissements a montré ses limites, les sites se recolonisant et les réseaux se reconstituant. La nouvelle stratégie doit ainsi reposer sur un contrôle permanent du territoire, une coordination renforcée et une capacité accrue de dissuasion.
(AIP)
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