Cet article a été publié le: 15/03/21 18:27 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/ Passionnée de la coiffure, Joséphine Kobénan a trouvé sa voie avec le métier de tresse (Interview)

Abengourou, fév 2021 (AIP)- Kobénan Kossia Joséphine est tresseuse depuis cinq. Surnommée Aïcha, la jeune fille de 23 ans  est admirée par ses clientes pour ses mains habiles. Rencontrée dans son salon de coiffure dans l’un des couloirs du marché de Cafétou à Abengourou, alors qu’elle s’affaire à prendre soin des cheveux d’une cliente, elle accepte de parler de son métier, son parcours et ses ambitions.

Comment êtes-vous arrivée à la tresse ?

C’est après l’école primaire. Je n’étais pas brillante en classe, et j’ai décidé de faire la coiffure.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?

J’ai toujours aimé la coiffure, c’est un métier que j’ai toujours aimé toute petite. Je m’essayais à la tresse avec mes poupées.

Avez-vous suivi une formation ?

Je ne sais pas s’il y a une école de formation pour tresse, mais je l’ai appris auprès d’une dame. Ma formation a duré quatre ans et déjà après un an, je savais bien faire les choses. Quand vous aimez le métier, l’apprentissage se fait facilement.

En quoi consiste la journée de travail d’une tresseuse ?

On ouvre à partir de 7 h 30. Nous rendons propre l’atelier, rangeons le matériel, pour accueillir les clientes. Les clientes reçues nous présentent à partir de leur téléphone portable, les modèles de leur choix. Nous proposons aussi des modèles pour celles qui n’en ont pas. Et le travail peut commencer.

Quelles sont les qualités que doit avoir une tresseuse ?

Il faut d’abord être en bonne santé pour pouvoir tenir longtemps sur les jambes, parce que nous travaillons presque toujours debout. Il faut être aussi rapide pour pouvoir prendre toutes les clientes en attente. On peut avoir cinq à huit clients par jour. Il faut être surtout habile, créative et avoir toujours des nouveautés de tresse pour faire la différence et satisfaire les clientes toujours aux goûts variés. En somme, il faut être compréhensive vis-à-vis des clientes et généreuse pour fidéliser les clientes.

Avez-vous déjà commis des maladresses au cours d’une tresse ?

Non, nous n’avons pas encore vécu ce cas. Nous recevons toutes les catégories de clientes. Les enfants, les adolescentes, des jeunes filles et des dames. Dieu merci, cela n’est pas arrivé. Mais si ça arrive, j’accepterai de tout reprendre, défaire et reprendre le modèle qu’elle veut. Je suis prête à tout reprendre pour satisfaire ma cliente. Mes filles et moi, nous sommes prêtes à tout faire selon le goût de la cliente venue se rendre belle.

Joséphine Kobénan occupée à natter une cliente

 

 

 

 

 

 

 

 

La tresse est considérée pour certains comme un petit métier dévalorisant que pensez-vous ?

Il n’y a pas de sot métier, c’est un mauvais jugement parce que c’est avec beaucoup de fierté, je le répète, que j’exerce ce métier. La tresse est aussi importante que tout autre métier, elle permet de mieux vivre et de nous prendre en charge.

Quels sont les avantages et les inconvénients de votre profession ?

C’est un métier où on rencontre beaucoup de personnes, on se fait des amis. C’est un vieux métier mais c’est aussi un métier d’avenir. Des inconvénients, oui il y en a. Il y a  des risques de maladies. On peut accidentellement se faire piquer par une aiguille. Il faut donc nettoyer les aiguilles à l’eau de javel ou les renouveler régulièrement.

Quels conseils vous pouvez donner aux jeunes filles qui veulent exercer le métier de la tresse ?

Le conseil que je peux donner, c’est de demander aux filles de ne pas compter sur les hommes. Celles qui n’ont pas de travail et qui ont les deux bras valides à venir à la tresse. Le métier de tresse est facile à prendre. Si tu te donnes, tu t’en sortiras à coup sûr et tu pourras vivre de ton métier. C’est un métier de fierté et qui rend autonome. Elles peuvent venir apprendre, mais comme toute profession, la motivation est un atout pour réussir.

Souhaitez-vous continuer dans le métier de la tresse ?

Je pense agrandir mon salon, avoir un local plus attirant et ouvrir d’autres salons de tresse et de coiffure, puisque je fais aussi de la coiffure, je pense également me lancer dans le commerce des parures et objets de beauté pour femme sans jamais quitter la coiffure.

(AIP)

Interview réalisée par Marcel N’GBESSO

ask