Cet article a été publié le: 26/03/21 8:17 GMT

Côte d’Ivoire -AIP /Procès Massacres de Duékoué : Des témoins relèvent qu’il est l’instigateur des crimes commis en mars 2011

Abidjan, 26 mars 2021 (AIP) – Onze témoins ont relevé jeudi 25 mars 2021, au deuxième jour du procès Massacres de Duékoué, que le principal accusé est l’instigateur des massacres commis au quartier carrefour, du 28 au 29 mars 2011, par des hommes armés.

En treillis et munis d’armes automatiques et de lance-roquettes, ces personnes ont procédé à la présumée élimination sélective de plusieurs hommes lors d’une irruption au quartier carrefour de Duékoué le 29 mars 2011, a soutenu un témoin.

Ces attaques ont causé la mort de près de 817 personnes dont la plupart sont des hommes, a-t-il ajouté, soulignant la présumée détermination de ces éléments armés à mettre un terme à la vie des personnes de sexe masculin vivant dans cette localité. “Le quartier était encerclé, les tirs venaient de partout, causant la mort même d’enfants”, a dit le témoin.

Au total, 420 maisons ont été incendiées à cette époque, tout comme l’église ‘La fraternité des chrétiens évangéliques’ (FCE) qui comptait à cette époque près de 300 personnes fuyant les exactions.

“Ils ont abattu mon petit frère en face du lycée de la ville et m’ont exigé 10 000 pour reprendre son cadavre et l’enterrer”, a raconté en pleurs un deuxième témoin.

Selon un 3ème témoin, ces soldats, en civil pour certains, et originaires de la sous-région, ont incendié la maison de son grand frère avant de tuer son frère et son fils.

Les forces de sécurité avaient déserté les lieux et il n’y avait aucune résistance devant l’avancée des éléments du présumé chef de guerre Amadé Ouérémi, a-t-il ajouté.

En réponse, l’accusé a certifié avoir agi sous les ordres du commandant Losséni Fofana, dit “Loss” qui lui aurait demandé de déloger “les miliciens et les supplétifs libériens présents dans cette zone”.

Selon l’avocat commis d’office à la défense, Me Roseline Aka Serikpa, ce sont environ 24 chefs d’accusation qui sont portés à la charge de son client. Entre autres charges, les faits de crimes de guerre, génocide, meurtres, viols, enrôlement forcé, violence et voie de faits sur les mineurs et engagement de troupes armées.

Le procès se poursuit au tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau

(AIP)

Nmfa/kp