Cet article a été publié le: 19/12/21 14:31 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/«Quand on traite le cancer de la prostate très tôt, on arrive à le guérir sans provoquer de séquelles», rassure l’urologue Aurel Messas

Abidjan, 19 déc 2021 (AIP)- Dans le cadre de son programme ‘’Medical talent’’, l’Hôpital américain de Paris est à Abidjan depuis quelques jours, précisément à la Polyclinique internationale Sainte Anne-Marie (PISAM) pour des interventions chirurgicales innovantes de la prostate. Il est proposé aux patients plusieurs soins notamment l’adénome de la prostate par laser elestra, la biopsie ciblée de la prostate et l’urétéroscopie avec fragmentation du calcul par laser. Dans un entretien à l’AIP, Dr Aurel Messas, l’un des pionniers de la chirurgie mini-invasive en urologie fait des éclaircissements sur la prévention de cette maladie.

Depuis combien de temps, vous êtes en Côte d’Ivoire ?

Cela fait une semaine que je suis en Côte d’Ivoire. Bien avant, il faut dire que j’étais venu pour préparer ce voyage. On avait organisé une réunion d’ouverture pour présenter le projet aux médecins de la région et à des assureurs.

Combien de patients avez-vous rencontrés en une semaine ?

J’ai rencontré plus d’une quarantaine de patients et j’ai opéré une quinzaine. J’ai fait des consultations avec des patients sélectionnés par le programme ‘’Médical talent’’. Je voulais voir en personne les patients avant d’envisager de les opérer. J’ai également consulté et donner des conseils à pas mal de patients.

Généralement à quel moment doit-on consulter un urologue ?

En Afrique, 45 ans est le premier moment où on doit absolument faire un dosage sanguin du PSA et une consultation. Le Psa est un dosage qu’on fait dans le sang et qui permet de dépister le cancer de la prostate. Le cancer de la prostate est une maladie qui évolue pendant longtemps sans donner aucun symptôme. Si on attend d’abord d’avoir des symptômes pour consulter, il est souvent déjà trop tard. Et ce qui est très étonnant, c’est que par peur des conséquences d’un cancer de la prostate, les gens ne consultent pas de médecins. Car ils pensent que le cancer de la prostate égale impuissance et incontinence. Et c’est comme ça, ils provoquent les complications.

Peut-on guérir définitivement la prostate ?

Aujourd’hui, quand on traite un cancer de la prostate très tôt, en le dépistant très tôt, grâce au dosage du Psa, on arrive à le guérir sans provoquer de séquelles. Il y a des techniques modernes qui permettent qu’il n’y ait plus d’impuissance et d’incontinence après le traitement du cancer.

La réticence des patients pour des consultations du cancer de la prostate n’est-t-elle pas liée aux coûts pratiqués dans les centres spécialisés?

J’ai vu ici en Côte d’Ivoire qu’il y a un vrai tabou sur le sujet même ceux qui venaient à Paris, beaucoup ont arrêté leur soin et rompu leur suivi à cause de la peur. Le traitement du cancer coûte moins cher lorsqu’il est dépisté tôt.

Quelles sont les symptômes immédiats du cancer de la prostate ?

Il ne faut jamais attendre des symptômes, il faut faire chaque année, un dosage sanguin du taux de Psa. A la cinquantaine, il y a bien évidement des troubles urinaires qui sont des symptômes très fréquents liés à une tumeur bénigne de la prostate qui s’appelle adénome de la prostate et qui se traite très facilement avec un médicament ou des interventions chirurgicales.

Dr Aurel Messas, l’un des pionniers de la chirurgie mini-invasive en urologie.

Dans votre collaboratin avec la PISAM, êtes-vous satisfaits des compétences locales et du plateau technique pour venir en aide aux patients du cancer de la prostate ?

Oui surtout les anesthésistes puisque je suis venus sans ce corps de métier. Et c’était très intéressant. J’ai également échangé et transmis mes connaissances sur la maladie à un collègue de la Pisam. On n’a plus besoin de se déplacer pour être outillés. C’est possible désormais sur place. Au niveau du plateau technique de la Pisam, c’est excellent. L’hôpital s’est doté d’imagerie par résonance magnétique (IRM). Le plateau technique nous permet de faire des soins identiques à ce qu’on fait à Paris.

(AIP)

Bsp/ask