Cet article a été publié le: 2/08/22 16:11 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/ RASALAO-CI dresse le bilan de son étude des violences en milieu scolaire

Abidjan, 2 août 2022 (AIP)- Le Réseau d’action sur les armes légères en Afrique de l’Ouest, section Côte d’Ivoire (RASALAO-CI) a dressé le bilan de son projet intitulé « l’école, un cadre d’apprentissage dans la non-violence (ECANV) », financé par l’Ambassade de Suisse en Côte d’Ivoire.
Le projet ECANV s’est déroulé dans les localités de Bouaké, Dabou et Issia sur une période de quatre mois allant du 21 mars au 21 juillet 2022. Il a pour but de contribuer à la réduction de la violence en milieu scolaire secondaire, notamment la violence armée.
« Les données collectées montrent que les élèves associent généralement et collectivement les violences en milieu scolaire aux bagarres et aux grèves », a indiqué le chargé de programme au RASALAO-CI, Dr Rodolphe Menzan, jeudi 21 juillet 2022, rapporte une note d’informations transmise à l’AIP.
Selon lui, les formes de violences fréquemment observées concernent les injures (83,0%), les perturbations de cours (73,8%), les bagarres (70,7%) et les violences sexuelles (32,8%) apparaissent en filigrane. Près de 50% des élèves se sentent peu ou pas du tout en sécurité. Cette insécurité est ressentie davantage par les élèves de Bouaké (55%), contre 50% à Issia et 30% à Dabou. Dans cette même lignée, près de six élèves sur dix estiment inquiétantes les violences en milieu scolaire.
« Les données collectées sur la victimisation des élèves indiquent que plus d’un tiers des élèves a déjà été victime d’actes de violence en milieu scolaire. Au sujet des élèves ‘’auteurs de violences’’, ils représentent 16% de l’échantillon d’étude », a ajouté Dr Menzan.
S’agissant du profil des auteurs de violences, les principaux acteurs indexés par ordre décroissant sont les élèves, les enseignants, l’administration, les forces de sécurité et des individus non formellement identifiés (mécaniciens, badauds, etc.). Quant aux violences physiques et aux  menaces, elles sont associées principalement aux élèves et aux autres acteurs non identifiés, ainsi qu’aux forces de sécurité, tandis que les violences sexuelles sont associées aux enseignants et aux élèves, et les violences psychologiques, institutionnelles relèvent du fait de l’administration.
Les résultats de cette étude, selon le chargé de programme au RASALAO-CI, sont les caractéristiques des élèves, leurs représentations sociales de la violence en milieu scolaire, les manifestations des violences en milieu scolaire, le profil des auteurs et victimes des violences en milieu scolaire, ainsi que les facteurs explicatifs de ces violences en milieu scolaire.
Au total, trois établissements ont été sélectionnés par localité. A Bouaké, ce sont le Collège Henri Point Carré, le Collège moderne Saint Jacques et le lycée jeunes filles de Bouaké qui ont été investigués. Dans la localité d’Issia, les lycées moderne et municipal d’Issia ainsi que le collège moderne Trinité d’Issia ont été choisis. Enfin, le lycée moderne Leboutou et le lycée Akpa Gnagne Martin ainsi que le collège Moderne Charles de Foucault ont été sélectionnés au niveau de la ville de Dabou.
Le Réseau d’action sur les armes légères en Afrique de l’Ouest, section Côte d’Ivoire (RASALAO-CI), créé le 21 juillet 2007, à Abidjan, est une faitière de 23 organisations de la société civile. Le RASALAO-CI œuvre dans le domaine de la promotion de la paix, de la cohésion sociale, des droits humains et de la sécurité humaine, en occurrence la lutte contre la prolifération et la circulation illicite des armes légères et de petit calibre (ALPC). Au plan sous régional, le RASALAO (WAANSA) est implanté dans les 14 autres pays de la CEDEAO.

(AIP)

tg/fmo