Cet article a été publié le: 17/08/22 11:39 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/ Renouvellement du parc auto : la moitié des transporteurs bénéficiaires du Gôh peine à rembourser la COOPEC

Gagnoa, 17 août 2022 (AIP)- Dix-huit mois après la mise en place des lignes de crédits de la Coopérative d’épargne et de crédit (COOPEC) en faveur de la fédération des coopératives de transporteurs du Gôh, dans le cadre du projet de financement du renouvellement du parc automobile des transporteurs de Côte d’Ivoire et singulièrement ceux du Gôh, des bénéficiaires de la région peinent à rembourser les lignes de crédits mises en place à leur profit par la structure financière.

Risque total de près de 54 millions FCFA pour la COOPEC

Le directeur régional des Transports du Goh, Koué-Bi Ferdinand, a dénoncé ce fait, mardi 16 août 2022 à Gagnoa, lors d’une rencontre avec le bureau de la fédération régionale des transporteurs de la région à son cabinet.

Sur l’ensemble des 15 sociétés coopératives bénéficiaires des 20 véhicules mis à leur disposition par le gouvernement ivoirien dans le cadre de ce projet, deux bénéficiaires ont soldé leurs prêts, et cinq sont à jour. Trois parmi eux ont des retards quand cinq autres ont des comptes encore en souffrance, a confié M. Koué Bi à l’AIP au sortir de cette réunion.

Prévue pour une durée de remboursement sur 18 mois, la partie COOPEC du prêt mis en place les 23 février 2021 et 15 août 2021, présente un risque total de 53 989 088 FCFA à fin juillet 2022.

Le directeur régional qui pointe un déficit de rigueur chez les transporteurs dans leur gestion, rappelle que l’Etat de Côte d’Ivoire n’a pas attendu la mise en place de la ligne de crédit pour remettre officiellement en octobre 2020, les 20 engins aux 15 sociétés coopératives sélectionnées.

Les transporteurs du Gôh ont obtenu cinq camionnettes de cinq tonnes (KIA), pour un coût de 8 410 000 FCFA chacune, cinq cars de 41 places et dix cars de 26 places.

Pour un coût global 33 618 437 FCFA pour l’acquisition d’un car de 26 places, la COOPEC a mis en place une ligne de crédit de 10 084 662 FCFA, contre 23 533 775 FCFA de crédit-bail, octroyé par l’Etat de Côte d’Ivoire.

Les transporteurs n’ont pas encore engagé les remboursements de la part de l’Etat, qui aurait dû débuter depuis août 2022, date à laquelle la ligne de crédit COOPEC aurait dû être achevée, a fait observer le directeur régional des Transports.

Cars non adaptés aux activités de transport

Les coopératives de transporteurs, pour leur part, accusent la qualité des cars mis à leur disposition qui, selon eux « ne sont pas adaptés aux transports ». Ils affirment éprouver des difficultés à acquérir les pièces de rechanges et de pneumatiques de ces engins, qui sont par ailleurs à des coûts élevés.

Un argument rejeté par le directeur régional des Transports, pour qui les transporteurs  auraient dû engager les premiers versements aussitôt dès la mise ne circulation des cars de transport pour éviter d’être confrontés aux problèmes mécaniques, notamment de « moteurs inadaptés et délais de livraison déraisonnables ».

Une ligne de crédit de 200 millions FCFA

Tous les transporteurs ont salué l’action de leur directeur régional qui a permis à la coopérative régionale des transporteurs du Goh, d’obtenir un registre des transporteurs et une carte de transport.

« Je loue le courage du DR, parce qu’il ici, l’homme s’est accaparé le projet et l’a pris à bras le corps », a soutenu le superviseur COOPEC Gagnoa, Séka Séka Jean Charles.

Il a rappelé que sa structure étant une « centrale de risque », les transporteurs devraient rapidement se mettre à jour et payer leurs dettes. « Faites un peu d’effort sur vos comptes d’exploitations pour solder les crédits, afin que nous puissions poursuivre la coopération », a-t-il promis.

La direction des transports du Gôh a ouvert au niveau local, un autre projet d’une ligne de crédit de 200 millions FCFA, toujours avec la même structure de financement et cette fois, sans apport de l’Etat, en vue de livrer une vingtaine d’engins à d’autres sociétés coopératives, qui n’avaient pu bénéficier des premières dotations.

Plus de 80 sociétés coopératives ont été légalement constituées dans le Gôh, avant de mettre en place une seule et unique coopérative régionale, note-t-on.

 

(AIP)

dd/tm