Cet article a été publié le: 6/10/21 21:42 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/ Renouvellement du parc automobile : Les transporteurs du Gontougo sur la voie du professionnalisme (Feature)

Bondoukou, 06 oct 2021 (AIP) – Un an après l’opération de remise des cars aux transporteurs des différentes régions par l’Etat de Côte d’Ivoire, ceux du Gontougo (Nord-est) ont décidé désormais d’emprunter le chemin du professionnalisme pour être plus compétitifs et rivaliser avec les grandes compagnies déjà implantées.

Cette initiative du ministère des Transports s’inscrivait dans le cadre de la modernisation du secteur des transports en Côte d’Ivoire par le renouvellement du parc automobile et le passage des transporteurs de l’informel au professionnalisme. Elle exigeait la constitution des entreprises de transport  en société coopérative afin de bénéficier des cars qui seront ensuite remboursés sur plusieurs mois.

Des actions posées pour afficher la détermination des transporteurs à devenir des professionnels

Sous la houlette de la directrice régionale du Transport et du préfet de région et du département de Bondoukou, les entreprises de transport du Gontougo ont décidé de créer une seule compagnie dénommée Société coopérative des entreprises de transport du Gontougo (SCETG COOP-CA) avec un fait majeur, la mise en place d’une maison des transporteurs et d’un centre comptable et fiscal.

Selon le secrétaire général de la SCETG, Essé Frank Augustin, cette maison abritant le bureau du président se distingue des coopératives des autres régions par le fait qu’elle facilite au transporteur la création d’une entreprise et permet son suivi et sa formation grâce au centre comptable et fiscal.

« Quand un transporteur à un problème, la maison du transporteur se met en mouvement pour l’aider à le résoudre contrairement aux autres coopératives », a-t-il fait savoir, déclarant que le Gontougo est une région où le secteur du transport demeure une des activités principales de la population.

Pour le président de la SCETG, Kra Youssouf Ouattara la compagnie s’est donnée comme vision d’être proche des passagers en mettant à leur disposition un car de ramassage. Il a indiqué que c’est par la mutualisation des forces et un esprit de créativité que la compagnie pourra rivaliser avec les grandes sociétés de transports dans le Gontougo.

« Nous ne pouvons pas prospérer dans le désordre et nous continuerons de sensibiliser les autres entreprises de transport qui hésitent à nous rejoindre », a-t-il souligné, reconnaissant que le transport est un métier noble qui nourrit son homme. Il a une fois de plus salué l’action de l’Etat qui fera ressortir à long terme le vrai visage de ce métier.

Des difficultés qui peuvent être un frein à la bonne marche du projet

La marche vers le professionnalisme, même si elle semble inéluctable connait néanmoins de nombreuses difficultés. Selon le Président la SCETG,  les véhicules mis à leur disposition ont été préalablement  immobilisés pendant plusieurs années à Abidjan provocant des pannes mécaniques, notamment celles liées au moteur qui a obligé la compagnie à mettre quatre cars en fourrière.

Celui-ci a profité pour lancer un appel au ministre des Transports afin qu’il sollicite à son tour les partenaires techniques en vue de les aider à résoudre ces problèmes d’ordre mécanique.

Autres difficultés énumérées par Kra Ouattara,  la rareté et la cherté des pièces de rechange pour ces véhicules importés d’Inde. Il a invité le  Fonds du transport routier,  maitre d’ouvrage du projet à se pencher sur ce problème qui pourrait être préjudiciable à la bonne marche de la compagnie.

Selon M. Kra, il est temps de construire les garages régionaux prévus dans le projet qui sera une des solutions à sa pérennisation. il a reconnu néanmoins les mesures d’accompagnement prises par l’Etat à hauteur deux millions de  F CFA pour le démarrage du projet qui semble à ce jour insuffisant pour couvrir les frais liés aux différentes pannes.

Les avantages liés au projet pour amener les transporteurs réticents à y adhérer

Sako Flora, directrice régionale du Transport du Gontougo

« La meilleure chance pour les transporteurs de sortir de l’informel et d’être forts, c’est d’intégrer la coopérative régionale », a lancé le secrétaire général, Essé Franck qui a dissipé les inquiétudes des transporteurs encore réticents, insistant sur le fait que l’Etat ne compose qu’avec les groupements associatifs.

Il a relevé les avantages liés à la création d’une entreprise notamment,  la déclaration à la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) qui permet une retraite confortable.

La directrice régionale du Transport, Sako Flora Etché  a également  rassuré les transporteurs qu’ils pourront désormais choisir eux-mêmes, les véhicules de la  deuxième vague affrétés par l’Etat grâce à des catalogues mis à leur disposition avant la livraison de la commande.

Elle a en outre fait savoir que les transporteurs mis en coopérative pourront désormais contracter des prêts auprès des établissements financiers pour agrandir leurs entreprises, rassurant que les sociétés de maintenance retenues pour l’entretien des cars  font des efforts afin de s’installer pour satisfaire les transporteurs.

« L’Etat est entrain de moderniser le secteur du transport afin de satisfaire la population et résoudre le problème du chômage par la création d’emploi », a-t-elle souligné, affirmant qu’il  faut continuer de sensibiliser les transporteurs encore réticents.

Créée depuis le 11 janvier 2021, la SCETG compte 70 entreprises. A ce jour, la région du Gontougo compte 977 personnes détenant une carte de transporteur et 2 500 acteurs vivant de la profession. Elle  a reçu dix cars de 26 places, deux véhicules de transport de marchandises de cinq tonnes et deux autres cars de 41 places pour le démarrage du projet.

(AIP)

zaar/ask