Cet article a été publié le: 19/07/21 7:57 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/ Tabaski 2021: Des ovins et des bovins en quantité suffisante à l’abattoir de Port-Bouët (Reportage)

Abidjan, 19 juil 2021 (AIP)-Comme les années précédentes, l’abattoir de Port-Bouët (Abidjan Sud) est déjà très fourni en moutons et bœufs, selon le constat fait par l’AIP, le 18 juillet 2021.

Au niveau de l’approvisionnement, la disponibilité des bêtes est visible à partir du carrefour Akwaba et sur tout le prolongement de l’abattoir.

Selon le président de la coopérative des commerçants de bétail de la région des Lagunes, Toé Seydou, sur un objectif de 120.000 têtes, 85.000 moutons et 12.000 bœufs sont disponibles. Comparativement aux années précédentes, il estime que le niveau d’approvisionnement est très bas. Cette situation est due à la question sécuritaire avec la présence des  terroristes au nord du Mali, explique M. Toé.

«70 % des zones occupées par les terroristes à savoir le nord du Mali et du Burkina Faso sont les zones de bétails. Les commerçants qui essaient de se surpasser pour aller chercher les bétails sont, soit dépouillés de leur fonds de commerce, soit agressés, voire tués et c’est déplorable », justifie-t-il.

Malgré ce niveau d’approvisionnement,  tout le site de l’abattoir et ses environs sont bondés de bêtes. Les devantures des habitations du quartier de la Sicogi faisant face au centre commercial de l’abattoir sont envahies par les bœufs. Même, le chemin de fer est colonisé par ces bêtes où rodent plusieurs vendeuses de nourriture notamment de l’attiéké, du riz, de la viande. On y trouve toutes sortes de commerces y compris des établissements de transfert d’argent.

Les camions de convoyage des bêtes ont des difficultés à stationner car il n’y a plus de places, ce qui est à la base de l’embouteillage monstre qui commence à être observé dans les environs. La circulation est depuis samedi très difficile sur les axes menant à l’abattoir. Des embouteillages à n’en point finir sont observés depuis le grand carrefour de Koumassi  jusqu’à la commune portuaire. Au total, 600 enclos ont été dressés par les services du district d’Abidjan pour accueillir les animaux.

Et plus de 5000 commerçants de bétail sont déjà sur le site pour écouler leurs bêtes.

«La foire est un peu difficile. Il faut être dans la filière pour comprendre certaines choses. Par exemple, la plupart des personnes qui sont ici ne comprennent que leur langue du pays, soit le Peuhl, le Moré et rarement du Malinké. Donc nous mettons à la disposition de ces commerçants des jeunes pour les accompagner à écouler leurs marchandises», a précisé le président Toé.

Des prix jugés très élevés

Le président de la coopérative des commerçants de bétail de la région des Lagunes, Toé Seydou, a reconnu que les prix sont très élevés ces derniers jours à la veille de la Tabaski. «Un mouton qui était vendu à 200.000 F l’année dernière est commercialisé aujourd’hui à 300.000 Fcfa », a-t-il relevé.

Sur place, les prix des moutons se négocient à partir de 100.000 Fcfa, 120.000 Fcfa, 150.000 Fcfa, 200.000 francs, 300.000 francs, 400.000 Fcfa et plus. «C’est selon la bourse de chacun. Les prix étaient abordables, les premiers jours. Mais depuis le week-end, ils ont flambé », a souligné M.Toé.

A en croire Kané Mamadou, un marchand qui vend en permanence sur le site, il faudrait, pour bénéficier des meilleurs prix, acheter les bêtes directement chez les vendeurs car certains commerçants achètent les bêtes pour les revendre sur le même site. Aussi, les prix des moutons chez ces revendeurs s’avèrent-ils assez élevés.

Il a, par ailleurs, recommandé de procéder à l’achat de son mouton de sacrifice plusieurs jours avant la fête pour bénéficier dans un premier temps des meilleurs bêtes mais aussi pour bénéficier des meilleurs prix pratiqués par les commerçants.

«Si vous attendez les derniers jours, comme certains qui viennent la veille de la fête, non seulement les commerçants augmentent les prix mais en plus vous n’aurez pas les bêtes de bonne qualité», a t-il averti.

A ce propos, un autre commerçant, Sidibé Sékou a confié que certains achètent des moutons dès l’arrivée des premiers convois et les font garder par les commerçants pour les récupérer la veille où le jour même de la fête, évitant ainsi les désagréments dus à l’affluence des derniers jours. Toutefois, les différents prix ne gagnent pas l’assentiment des clients qui s’en plaignent.

«Les prix sont en hausse cette année. Au lieu de transporter les bêtes après la fête pour répartir, les commerçants gagneraient à les vendre à des prix abordables», préconise M. Bamba Moussa, un cadre de l’administration ivoirienne.

Le président de la coopérative des commerçants de bétail de la région des Lagunes, Toé Seydou sur le site.

Mme Coulibaly Moussa a dû faire des efforts supplémentaires pour s’acheter un mouton. Venue avec la somme de 130.000 Fcfa, elle a été contrainte de prendre une bête de 150.000 Fcfa après avoir joint son époux pour lui faire un dépôt d’argent. Et pourtant les moutons de la même corpulence coûtaient autour de 80.000 à 90.000 Fcfa en 2020.

Losseni Fofana affirme avoir parcouru de fond en comble le parc de l’abattoir et discuté âprement avec des vendeurs pour avoir son mouton de choix qui lui a valu 230. 000 Fcfa.

Face aux prix élevés du prix, plusieurs fidèles musulmans préfèrent s’associer pour payer un bœuf à 350.000 Fcfa ou 400.000 Fcfa.

«Nous venons de Koumassi. Vous voyez dans le véhicule, il y a cinq bœufs. Ce sont des familles qui se sont associées à deux ou trois pour payer un bœuf. Non seulement la viande est abondante et tu fais des économies », indique Ben Konaté, conducteur de camion.

La sécurité assurée

Sur place, une centaine d’éléments de la police nationale et de la gendarmerie veillent au grain. Certains font des patrouilles à pieds pour assurer la sécurité des sites de commercialisation et pour désengorger les voies d’accès à l’abattoir de Port-Bouët. Des courses poursuites entre les forces de l’ordre et des agresseurs sont régulièrement observées sur le site.

Ce sont entre 15 ou 17 milliards de Fcfa de transaction qui sont effectués chaque année lors de la fête de tabaski. En plus de l’abattoir de Port-Bouët, d’autres parcs à bétail ont été ouverts à Attécoubé, Yopougon, Abobo et Treichville.

La Tabaski ou Aïd-el-kebir qui sera célébrée le mardi 20 juillet 2021 en Côte d’Ivoire, commémore la soumission à Dieu du Prophète Abraham qui était alors prêt à sacrifier son fils unique, Ismaël, sur son ordre. Chaque musulman ayant les moyens doit immoler une bête, notamment un bélier sain pendant cette fête pour perpétuer cet acte d’Abraham.

(AIP)

Bsp/fmo

 

Reportage de Benjamin Soro

Journaliste à la rédaction centrale