Abidjan, 23 sept 2026 (AIP)- Le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, a appelé, mercredi 23 septembre 2026, à tirer les enseignements de la Tabaski 2026 pour renforcer l’approvisionnement du marché et préparer, dès à présent, les actions prioritaires de l’édition 2027.
Sidi Touré s’exprimait à l’hôtel Palm Club, Abidjan Cocody, lors de l’ouverture de l’atelier bilan de l’organisation de la Tabaski 2026 et de préparation de la Tabaski 2027, qui réunit 58 participants issus des différentes structures intervenant dans la préparation, l’organisation et le suivi de la fête.
Il a insisté sur la nécessité de mieux valoriser le cheptel local afin de réduire la dépendance aux approvisionnements extérieurs et de renforcer la résilience du secteur, dans un contexte marqué par des difficultés d’approvisionnement et des tensions sur les marchés à bétail.
Le ministre a également appelé à approfondir la réflexion sur la vente à la pesée, un instrument de modernisation de la commercialisation du bétail, susceptible d’améliorer la transparence des transactions, la formation des prix et l’équité entre les acteurs. Il a, par ailleurs, préconisé la poursuite des efforts visant à moderniser les marchés à bétail, améliorer leur capacité d’accueil et renforcer la disponibilité des informations sur les marchés et les prix.

Pour le président du Groupe multisectoriel de travail sur l’approvisionnement des marchés à bétail (GT-SAM), Dr Dagnogo Komissiri, la Tabaski représente un pic exceptionnel de la demande, avec environ 350 000 moutons nécessaires au cours des 15 derniers jours précédant la fête à l’échelle nationale, dont 120 000 pour le seul District d’Abidjan, soit près de 40% de la demande annuelle en ovins.
Il a relevé que l’édition 2026 s’est déroulée dans un contexte particulièrement contraignant, marqué notamment par la dépendance historique de la Côte d’Ivoire à l’égard des pays sahéliens pour plus de la moitié de son approvisionnement en moutons. À 30 jours de la fête, l’approvisionnement national en ovins avait enregistré une baisse de 52,9% entre mars et avril, avec des déficits de 76,57% pour l’intérieur du pays et de 55,4% pour le District d’Abidjan.
Cette situation a provoqué une modification des circuits d’approvisionnement, les flux ayant davantage emprunté le corridor Côte d’Ivoire-Ghana via Noé, Soko et Takikro, au détriment du circuit traditionnel du Nord. Cette nouvelle configuration a notamment concentré les animaux dans le Sud et fragilisé plusieurs marchés de groupage de l’intérieur du pays.
Face à ces contraintes, le GT-SAM a notamment misé sur la mobilisation du cheptel local, à travers la sensibilisation des acteurs, des guides religieux et des fidèles musulmans, ainsi que sur le renforcement du suivi des flux et de la communication autour de l’approvisionnement.
De son côté, le directeur des Productions animales du MIRAH, Dr Tré Bi Tré Christian, a relevé que la Tabaski constitue pour le secteur un test important de la capacité à assurer la disponibilité des animaux, la fluidité des circuits de commercialisation et la maîtrise des prix, tout en préservant le cheptel national.
Il a indiqué que l’atelier doit permettre d’identifier les acquis et les insuffisances de l’édition 2026 et de dégager les actions prioritaires à intégrer au Plan Tabaski 2027, assurant que la direction des Productions animales restera mobilisée pour assurer le suivi des recommandations issues des travaux.
Les travaux portent notamment sur les circuits de commercialisation, la fluidité du transport et la sécurité, l’organisation des marchés à bétail et la dynamique des transactions, ainsi que sur la vente à la pesée et la question de la décapitalisation du cheptel national.
Ils doivent déboucher sur des recommandations destinées à améliorer le Plan Tabaski 2027, dont l’examen, l’amendement et la validation sont prévus jeudi lors d’une session du GT-SAM.
(AIP)
cmas