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Bondoukou, 12 août 2026 (AIP) – Le renforcement des mécanismes locaux de prévention et de gestion des conflits entre agriculteurs et éleveurs constitue l’objectif principal d’un atelier de relecture des textes sur la transhumance, organisé du mardi 11 au mercredi 12 août 2026 à la préfecture de Bondoukou, dans le cadre du projet ACTIF.

La rencontre, placée sous le thème « Relecture des textes sur la valorisation et les outils de gestion des conflits entre agriculteurs et éleveurs », s’est tenue en présence du préfet de la région du Gontougo, préfet du département de Bondoukou, Kouadio Gbongbo André, du sous-préfet de Bondoukou, Sonh Laurent, ainsi que de responsables des services techniques, des forces de défense et de sécurité et des acteurs du monde pastoral.

Dans le cadre du projet ACTIF, intitulé « Appui aux communautés transfrontalières vulnérabilisées par l’insécurité et la fragilité dans les zones frontalières du nord de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Togo et du Bénin », cette rencontre vise à renforcer la résilience socio-économique et la cohésion sociale dans les zones transfrontalières septentrionales des quatre pays, fortement affectées par la crise sahélienne, l’insécurité et les effets du changement climatique.

Dans cette perspective, les organisateurs entendent contribuer à prévenir les tensions intercommunautaires et à renforcer les mécanismes locaux de dialogue et de règlement pacifique des différends, notamment entre agriculteurs et éleveurs.

Dans son intervention, la directrice régionale des Ressources animales et halieutiques du Gontougo, Dr Toily Kassedo Nina Bénédicte, a souligné que la mise en place et le renforcement des commissions villageoises de conciliation constituent l’une des principales recommandations attendues de cet atelier.

« Nous avons quelques failles que nous pouvons corriger après cette première étape. C’est surtout la mise en place des commissions villageoises de conciliation. Nous savons que la transhumance rime avec les conflits entre agriculteurs et éleveurs et nous constatons que, dans la région du Gontougo, ces commissions villageoises ne sont pas encore mises en place », a-t-elle relevé.

Selon elle, ces structures doivent permettre d’intervenir au plus près des communautés afin de prévenir les tensions avant qu’elles ne dégénèrent en conflits. Leur mise en place relève de la responsabilité des sous-préfets, tandis que les commissions villageoises sont présidées par les chefs de village.

Elles regroupent notamment le chef des terres, les représentants des agriculteurs et des éleveurs, ainsi que les responsables des jeunes et des femmes. Les services techniques doivent, pour leur part, accompagner leur fonctionnement à travers la formation des membres et la mise à disposition des outils nécessaires à la prévention et à la gestion des différends.

« L’idée, c’est de pouvoir réellement passer en revue ces différents textes, échanger et prendre des recommandations fortes pour une bonne transhumance dans la région du Gontougo », a expliqué Dr Toily Kassedo Nina Bénédicte.

Elle a rappelé que le dispositif juridique repose notamment sur la loi n°2016-413 du 15 juin 2016 relative à la transhumance et au déplacement du bétail, ainsi que sur quatre décrets d’application. À ce cadre national s’ajoutent les dispositions communautaires de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui encadrent la transhumance au niveau sous-régional.

La directrice régionale a également insisté sur la nécessité de renforcer les conditions matérielles d’une transhumance apaisée, à travers notamment l’aménagement de pistes de transhumance, de points d’eau et d’espaces de pâturage, ainsi que la sensibilisation des différentes communautés.

Le coordonnateur de l’Association des éleveurs de bovins de la région du Bounkani (AEBRB), Soro Daouda

De son côté, le coordonnateur de l’Association des éleveurs de bovins de la région du Bounkani (AEBRB), Soro Daouda, a expliqué que l’activité est organisée dans le cadre du projet ACTIF, financé par le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, avec l’appui technique de l’ONG internationale Acting for Life.

Pour lui, la relecture des textes doit permettre aux autorités administratives, aux forces de défense et de sécurité et aux services techniques de mieux s’approprier les règles applicables, afin de prendre des décisions éclairées et impartiales dans le règlement des conflits.

« L’idée, à la fin de cette formation, sera vraiment de renforcer les comités villageois de conciliation. Ces comités pourront aider à anticiper les conflits et, lorsqu’ils surviennent, à les gérer au mieux pour préserver la cohésion et la paix dans les différentes localités », a-t-il déclaré.

Il a, en outre, relevé que les déplacements de bétail en provenance de zones affectées par l’insécurité, notamment du Bounkani vers certaines localités du Gontougo, peuvent accentuer les tensions entre communautés. Cette situation appelle, selon lui, à une meilleure anticipation et à la mise en place de mécanismes locaux capables d’apporter rapidement des réponses adaptées.

L’ atelier de Bondoukou constitue une étape importante dans le renforcement du dispositif communautaire de prévention et de règlement des conflits. Il devrait contribuer à favoriser une cohabitation pacifique entre agriculteurs et éleveurs, à prévenir les tensions intercommunautaires et à consolider durablement la cohésion sociale dans le Gontougo.

(AIP)

nmfa/zaar

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