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Abengourou, 07 oct 2026 (AIP)- La transparence, la traçabilité et la qualité constituent les principaux enjeux de la campagne de commercialisation du café et du cacao 2026-2027, selon la directrice chargée du développement agricole du conseil du café-cacao, Assandé Fléan Josiane, lors du lancement régional de la campagne, mardi 6 octobre 2026, à Abengourou.

La cérémonie, tenue à la salle de conférence de la préfecture de région, s’est déroulée en présence du secrétaire général 1 de préfecture, David N’Cho, représentant le préfet de région, préfet du département d’Abengourou, Kouadio Kouassi Eugène.

Mme Assandé, qui conduisait une délégation de la direction générale du conseil du café-cacao, a appelé les producteurs, coopératives, acheteurs, exportateurs, autorités locales et partenaires de la filière à unir leurs efforts pour faire de la campagne une réussite collective fondée sur la transparence, la traçabilité, la qualité et la responsabilité, et à faire preuve de discipline dans la production, la collecte et la commercialisation, tout en renforçant la lutte contre la fraude, la contrebande et les circuits illicites.

« Notre responsabilité est collective. Il convient donc de faire en sorte que les dispositions arrêtées soient effectivement appliquées sur le terrain, dans l’intérêt de la stabilité de la filière et de la protection des producteurs », a-t-elle déclaré.

La campagne marque une transformation majeure avec la mise en œuvre effective du système national de traçabilité (SNT). Celui-ci doit permettre d’identifier les producteurs, d’enregistrer les transactions, de sécuriser les paiements et de suivre le cacao de la plantation jusqu’au point d’exportation.

Selon Mme Assandé, la traçabilité apparaît également comme une exigence pour préserver l’accès du cacao ivoirien aux marchés internationaux, notamment avec l’entrée en vigueur annoncée du règlement européen contre la déforestation, le 1er janvier 2027. Elle constitue un outil de crédibilité, de compétitivité et de pérennité de la filière.

Pour cette campagne, le prix garanti bord champ est fixé à 1 200 FCFA/kg pour le cacao bien fermenté, bien séché et bien trié, et à 1 300 FCFA/kg pour le café bien séché, bien décortiqué et bien trié. « Ces prix sont non négociables et ne doivent faire l’objet d’aucune réfaction », a prévenu la représentante du conseil du café-cacao.

Mme Assandé a reconnu les difficultés auxquelles sont confrontés les producteurs. « Nous savons les efforts que représentent l’entretien d’une plantation, les charges qui augmentent, les aléas climatiques et les fluctuations du marché international », a-t-elle déclaré, ajoutant que les récentes évolutions du marché ont suscité des interrogations et parfois de l’inquiétude chez les producteurs.

Face à cette situation, « l’État n’a pas choisi l’abandon », a-t-elle assuré. Elle a précisé que le maintien du prix garanti bord champ du cacao à 1 200 FCFA/kg traduit « un engagement et une conviction forte de l’État », celui de maintenir le producteur au cœur du système de production du café et du cacao.

« Le prix international peut monter, il peut baisser, les marchés peuvent être favorables ou défavorables. Mais notre responsabilité est de donner aux producteurs un minimum de visibilité, de protection et de stabilité », a-t-elle affirmé.

La campagne, officiellement ouverte le 1er septembre 2026, est marquée par une nouvelle organisation du calendrier commercial tenant compte du cycle naturel de production du cacao et des effets du changement climatique, qui favorisent désormais l’apparition des petites fèves dès mars. Cette organisation répond également à une demande des producteurs souhaitant disposer plus tôt de revenus, notamment pour faire face aux charges liées à la rentrée scolaire.

À l’échelle nationale, le conseil du café-cacao a déjà recensé plus de 1 101 500 producteurs. Dans la délégation régionale d’Abengourou, 68 961 producteurs ont été recensés et leurs plantations géolocalisées, tandis qu’au moins 50 422 ont déjà reçu leur carte. Par ailleurs, seules 11 sociétés coopératives avaient effectivement démarré leurs activités à travers le système national de traçabilité au moment du lancement.

Depuis le 1er septembre 2026, la carte du producteur est obligatoire pour les achats de café et de cacao. Elle permet également de bénéficier de la Couverture maladie universelle (CMU). Mme Assandi a invité les producteurs qui n’en disposent pas encore à se rapprocher de la délégation régionale du Conseil du Café-Cacao ou de leur société coopérative.

(AIP)

nam/fmo

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