Abidjan, 6 oct 2026 (AIP)- Un atelier sous-régional consacré à l’Annexe VI de la Convention MARPOL et aux mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) du transport maritime s’est ouvert, mardi 6 octobre 2026, à Abidjan-Cocody-Angré, avec un appel au renforcement de la coopération et des capacités des Etats francophones africains face aux exigences de la transition énergétique maritime.
Cet atelier est organisé par l’Organisation maritime internationale (OMI), en partenariat avec la Direction générale des Affaires maritimes (DGAM).
Réunissant des représentants de 18 Etats africains francophones ainsi que ceux de six organismes à vocation régionale ou internationale, cette rencontre, qui s’achève jeudi 8 octobre, vise notamment à renforcer les capacités des participants sur la mise en œuvre de l’Annexe VI de MARPOL, à favoriser le partage d’expériences et à permettre aux Etats de mieux participer aux négociations internationales sur la décarbonation du transport maritime.

Ouvrant officiellement les travaux au nom du ministre délégué auprès du ministre des Transports et des Affaires maritimes, chargé des Affaires maritimes, le directeur de cabinet, Soro Benjamin, a souligné l’importance stratégique du transport maritime pour les économies des pays côtiers, tout en relevant les défis liés à la pollution par les GES.
Selon lui, les exigences internationales en matière de réduction des émissions imposent désormais aux administrations maritimes africaines d’engager des réformes adaptées. « L’atteinte de la neutralité carbone d’ici le milieu du siècle exige de nos administrations des réformes courageuses et anticipatrices », a-t-il déclaré.
Soro Benjamin a relevé que l’Annexe VI de MARPOL et la stratégie de réduction des GES de l’Organisation maritime internationale (OMI) constituent désormais des cadres opérationnels ayant des incidences directes sur la conception des navires, le choix des carburants marins et la gestion des infrastructures portuaires.
Pour le représentant ivoirien, l’Afrique francophone doit se positionner collectivement face à cette transition. Il a appelé les pays de la sous-région à harmoniser leurs pratiques et à renforcer leur coordination, estimant qu’une politique environnementale maritime isolée ne saurait être pleinement efficace face à un phénomène qui transcende les frontières.
Durant les trois jours de travaux, les participants sont notamment appelés à analyser les mécanismes de conformité, à évaluer les impacts économiques des nouvelles exigences sur les économies africaines et à identifier des solutions d’adaptation pour les flottes régionales.
Prenant la parole au nom de l’OMI, Camille Bourgeon s’est félicité de la forte mobilisation des acteurs maritimes africains autour de cette problématique. « La présence de 18 Etats autour de cette table, dans cette pièce, constitue à elle seule un signal encourageant », a-t-il relevé, saluant également la participation de représentants de six organismes régionaux ou internationaux.
Il a expliqué que l’atelier s’inscrit dans le prolongement de la feuille de route de Montbassa adoptée en 2025, qui a notamment mis en évidence la nécessité de renforcer les capacités, la coopération régionale et l’accompagnement des Etats africains dans la mise en œuvre de l’Annexe VI de MARPOL et leur participation aux travaux de l’OMI sur la décarbonation du transport maritime.
Camille Bourgeon a également insisté sur les multiples implications de la transition énergétique maritime, qui dépassent la seule question environnementale. Les discussions concernent notamment la compétitivité économique, le développement industriel, l’investissement, la sécurité énergétique, le transfert de technologies, les infrastructures et la création d’emplois.
Il a par ailleurs justifié le choix d’un programme entièrement dispensé en français par la nécessité de faciliter l’accès des Etats francophones aux informations techniques et réglementaires et de favoriser leur participation aux discussions internationales. « Nous avons souhaité créer un espace où chacun puisse s’exprimer librement, poser des questions, partager son expérience nationale », a-t-il expliqué.
Les travaux porteront notamment sur les objectifs de la stratégie de l’OMI en matière de GES, les options technologiques et énergétiques disponibles pour le secteur maritime, les carburants alternatifs, leur sécurité d’utilisation, les besoins en infrastructures, le renforcement des capacités et les mécanismes de financement de la transition énergétique.
Pour le représentant de l’OMI, cette transformation constitue certes un défi majeur, mais également une opportunité pour les pays africains de renforcer leur position dans l’économie maritime mondiale, d’attirer des investissements, de développer de nouvelles compétences et de préparer une main-d’œuvre adaptée aux nouvelles technologies et aux carburants à faible ou zéro émission de carbone.
Insistant sur la vocation pratique de la rencontre, Camille Bourgeon a invité les participants à privilégier les échanges et le partage d’expériences. « Le succès de ces trois journées dépendra donc largement de votre participation active », a-t-il indiqué, encourageant les délégations à poser leurs questions, à partager leurs expériences nationales et à développer leurs réseaux de coopération.
Au terme de cet atelier, l’enjeu sera donc pour les Etats francophones africains de consolider leurs capacités techniques et réglementaires afin de mieux défendre leurs intérêts dans les discussions internationales et de transformer les contraintes de la décarbonation du transport maritime en opportunités de développement économique, industriel et social.
(AIP)
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