Abidjan, 02 oct 2026 (AIP)- L’ONG internationale Différents Mais Égaux (DME) a organisé, vendredi 2 octobre 2026 à Abidjan, un atelier national consacré à la validation de supports de communication accessibles aux personnes handicapées, avec l’objectif de renforcer leur accès à l’information et leur participation à la vie sociale.
Organisé à la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire, au Plateau, en collaboration avec la Direction de la Promotion des Personnes Handicapées (DPPH), l’atelier a rassemblé des représentants des institutions publiques, des organisations de personnes handicapées, de la société civile, des organismes internationaux, des partenaires techniques et du secteur privé.
Les participants ont examiné plusieurs supports de communication afin d’en évaluer la clarté, l’accessibilité et la pertinence, notamment pour les personnes présentant des déficiences visuelles ou auditives. Les échanges doivent aboutir à des recommandations opérationnelles et à une feuille de route précisant les priorités, le calendrier et les responsabilités des différents acteurs.
Représentant le ministre de l’Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle, Adama Kamara, la directrice de la promotion des personnes handicapées, Silue Katiama Mariame, a appelé à faire de l’accessibilité de l’information une exigence dans les pratiques de communication.
« La communication ne doit pas seulement informer, elle doit inclure. Elle doit permettre à chacun de comprendre, de participer, de choisir et d’agir », a-t-elle déclaré, plaidant pour une conception des supports imprimés, audiovisuels et numériques qui tienne compte des besoins des personnes handicapées.
Le président de DME, Guy Irié, a indiqué que l’initiative vise à faire de la communication un levier d’inclusion. Il a rappelé que l’accès à l’information constitue une condition importante pour l’exercice d’autres droits, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’emploi et des services publics.
« Le handicap n’éteint pas l’humain », a-t-il insisté, estimant que les personnes handicapées doivent être considérées comme des citoyens disposant de droits, de capacités et de responsabilités.
L’ONG a notamment présenté des supports audiovisuels et numériques, dont une application intégrant un assistant basé sur l’intelligence artificielle destiné à faciliter l’accès aux contenus pour les personnes non voyantes. Ces outils doivent être soumis à l’appréciation des personnes concernées afin d’identifier leurs insuffisances et les adaptations nécessaires.

Le président de l’Union nationale des organisations faîtières de personnes handicapées de Côte d’Ivoire (UNOPH-CI), Raphaël Dogo, a salué cette démarche et insisté sur l’accessibilité numérique. Il a notamment plaidé pour l’élargissement des dispositifs permettant aux personnes sourdes et malentendantes de suivre l’actualité, à travers la langue des signes et le sous-titrage.
Les participants ont travaillé en cinq commissions portant notamment sur l’information relative aux services et démarches, l’accueil et l’orientation, la signalétique, la communication dans les espaces publics ainsi que les partenariats et le suivi.
Les travaux doivent déboucher sur la validation de supports, des recommandations opérationnelles, la désignation de points focaux institutionnels et l’élaboration d’une feuille de route précisant les priorités, le calendrier et les responsabilités. Un Cadre national de concertation et un Comité d’appui bénévole pour l’inclusion sont également prévus.
Selon les données du RGPH 2021, la Côte d’Ivoire compte environ 468 459 personnes handicapées, soit près de 1,55 % de la population. Des obstacles persistent toutefois dans l’accès aux messages publics, aux services et aux outils numériques.
(AIP)
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