Cet article a été publié le: 12/05/21 9:53 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/ Un collecteur d’ordures à la mairie d’Abengourou encourage les jeunes à s’engager dans ce métier (Interview)

Abengourou, 12 mai 2021 (AIP) – Après sept ans dans le métier d’éboueur, Malé Seydou 39 ans est un habitué du secteur d’où il tire sa principale ressource pour subvenir à ses charges. Il nous parle de son métier, des qualités requises pour l’exercer et conseille les sans-emploi, surtout les jeunes à se défaire de la honte et de l’orgueil pour gagner leur vie.

Vous êtes collecteurs d’ordure depuis sept ans, qu’est-ce qui a motivé votre choix pour ce métier ?
C’est un travail comme tout autre. Il n’y a pas de sot métier. Je ne veux pas quémander et je ne veux pas rester sans rien faire et me retrouver en prison. Il est impossible que dans un monde, nous fassions tous le même travail. Je préfère me salir en ramassant les ordures et gagner de l’argent pour vivre honnêtement et dignement.

Quelles sont les qualités requises pour exercer le métier ?

C’est la volonté. Ce n’est pas un travail de force, mais c’est de le vouloir sans honte et sans gêne et accepter de faire ce travail pour que ça marche.

Nombreux jeunes disent avoir honte de faire ce travail d’autres le trouve répugnant que dites-vous ?

Ils disent que c’est de la saleté et qu’il n’y a pas de l’argent dedans, mais nous y sommes depuis des années et nous vivons. Pour gagner sa vie, il n’y a pas de sot métier, il n’y a pas non plus de métier qui fasse honte. Oui, les gens se moquent de nous, mais c’est dans ça, je gagne pour moi, je gagne ma vie et j’arrive à payer mon loyer et à prendre en charge ma petite famille. C’est donc un travail important et bien.

Quelle est la perception des gens envers vous ?

C’est à eux de le dire, sinon nous recevons les félicitations et les encouragements de nombreuses personnes, d’autres nous découragent, mais nous prenons cela en fair-play. Nous leur demandons de transformer leur ressentiment en sympathie en nous encourageant à mieux faire.

Que conseillez-vous aux jeunes qui pensent que c’est un déshonneur d’être éboueur ?

L’argent se trouve dans l’effort, il suffit de se donner la peine. C’est difficile à le faire comprendre aux fainéants, mais d’autres nous écoutent et essaient de faire comme nous. Le ramassage d’ordure ce n’est une question de gens sales et de vaurien, ou de gens sans importance, mais c’est une affaire de gens propres. Nous sommes des acteurs de la propreté et soucieux de l’environnement et de la santé des autres. Les rues sont propres, la ville est nettoyée parce que nous sommes là. Les jeunes doivent laisser de côté l’orgueil et ne doivent pas mésestimer le travail de ramassage d’ordure. La honte et la paresse ne doivent pas être un obstacle pour leur gagne-pain.

(AIP)

Interview réalisée par Marcel N’Gbesso

nam/kam