Cet article a été publié le: 19/10/20 13:57 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/ Un livre biographique sur Marie-Thérèse Houphouët pour retracer le parcours exceptionnel de l’ex-Première dame

Abidjan, 19 oct 2020 (AIP)- Le journaliste écrivain, Serge Bilé, vient de mettre sur le marché du livre, une œuvre littéraire intitulée « Marie-Thérèse Kennedy Emoi » en vue de retracer le parcours exceptionnel de l’ex-Première Dame de Côte d’Ivoire, Marie-Thérèse Houphouët-Boigny.

Ce livre de 216 pages met en exergue un pan de l’histoire coloniale et post-coloniale de la Côte d’Ivoire en général et du couple présidentiel  de l’histoire de la Côte d’Ivoire indépendante, à savoir Houphouët-Boigny, en particulier.

L’auteur revient les temps forts de la colonisation, la christianisation, l’histoire des métisses, le rôle des tirailleurs ivoiriens dans les deux guerres mondiales, l’admission des députés des colonies d’Afrique et d’Outre-Mer à l’Assemblée nationale française, la lutte contre le travail forcé et l’offensive diplomatique du Président Houphouët-Boigny de positionner son pays dans le concert des nations.

D’ailleurs, le titre et la couverture de l’œuvre traduisent éloquemment la vision de l’auteur qui a choisi une des photos du couple présidentiel ivoirien avec son homologue américain, les Kennedy le 22 mai 1962, à Washington. Une visite qui est intervenue un an après celle de Paris avec le couple De Gaulle.

« C’était le grand moment de la Côte d’Ivoire. Deux ans après son indépendance, pour un peuple qui sortait de la colonisation, où les uns et les autres étaient considérés comme des indigènes surtout Marie-Thérèse. Houphouët et son épouse se retrouvent à la Maison Blanche et la rencontre est mondialement médiatisée entre l’icône mondiale ivoirienne de la beauté et de la mode, Marie-Thérèse et l’icône mondiale américaine de la mode et de la beauté, Jackie Kennedy. C’était le point focal de quelque chose de très fort dans l’ascension de la Côte d’Ivoire. D’abord la rencontre avec les De Gaulle en 1961 et les Kennedy un an plus tard », a expliqué M. Bilé sur une télévision occidentale.

Dans une Amérique ségrégationniste, Marie-Thérèse aura réussi à faire l’unanimité sur son charme et la qualité de ses vêtements si bien qu’elle a été qualifiée à juste titre, comme l’une des femmes les « plus belles et les mieux habillées du monde ».

L’œuvre accorde une bonne part à la vie privée de Marie-Thérèse, sa naissance le 17 septembre 1930, son enfance à Abengourou et ses années écoles à Grand-Bassam, à Bingerville où elle fit la connaissance de Madeleine Tchicaya et son départ en France après avoir été sélectionnée au nombre des étudiants boursiers ivoiriens de l’aventure 46.

Même si leurs deux familles se connaissaient déjà, c’est pendant que Houphouët-Boigny est député au parlement français qu’il se rapproche plus de Marie-Thérèse alors étudiante à Villeneuve-sur-Lot. Une histoire qui va virer en une idylle au grand dam des parents de la fille pour diverses raisons dont l’écart d’âge entre les deux amants.

Le livre revient aussi sur la controverse de la relation entre Marie-Thérèse et le fils aîné de son époux Augustin. Une polémique qui faisait état de ce que le président Houphouët-Boigny aurait ravi à sa progéniture, sa petite amie. En réalité il n’en était rien, persiste l’auteur. « En 1946, quand elle partait en France, la jeune Brou avait 16 ans. Comment aurait-elle pu envisager d’épouser Augustin qui n’avait que 13 ans ? », s’interroge-t-il, ajoutant que les célébrités « ont des casseroles qui les accompagnent mais qui sont totalement fausses ».

Cette belle œuvre comporte assez de détails grâce aux témoignages de toutes les vieilles personnes encore en vie mais aussi des archives. « Il faillait recouper chaque détail. Ce n’était pas facile parce qu’on a dit beaucoup de rumeurs sur Thérèse », relève M. Bilé.

Journaliste à France Télévisions, Serge Bilé est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages sur le monde noir, africain, antillais et sud-américain. Au nombre de ses best-sellers figurent « Noirs dans les camps nazis, « Et si Dieu n’aimait pas les Noirs : enquête  sur le racisme aujourd’hui au Vatican », « Yakuse », « La Mauresse de Moret ».

L’œuvre est parue à Kofiba Editions.

(AIP)

fmo