Cet article a été publié le: 4/12/20 8:40 GMT

Les producteurs ivoiriens de cacao menacent de rompre avec les industriels réfractaires au différentiel de revenu décent

Yamoussoukro, 04 déc 2020 (AIP) – Les organisations de producteurs de cacao ivoiriens ont menacé, au cours d’une réunion d’urgence organisée le jeudi 3 décembre 2020 à Yamoussoukro, de suspendre leur collaboration avec certains chocolatiers qui refusent de payer le différentiel de revenu décent (DRD).

Ils entendent se retirer des programmes de durabilité et de certification avec ces chocolatiers et industriels, soutenant que cette décision a été prise en concertation avec leurs pairs du Ghana voisin avec qui ils mènent le même combat de la revalorisation des revenus des producteurs.

« Aujourd’hui, le salut des producteurs de cacao se trouve dans l’application du DRD qui permet à ceux-ci de gagner 400 dollars sur chaque tonne de cacao vendu », a expliqué le porte-parole des associations de producteurs, N’zi Yao Dinard. « Malheureusement certains industriels adoptent des stratégies pour contourner le paiement du DRD dans l’optique de le faire échouer », a-t-il poursuivi.

Afin de donner toutes les chances à leur action, un comité de suivi du DRD par les producteurs Ivoiriens et Ghanéens verra le jour dans les prochaines semaines, afin d’identifier formellement les industriels concernés et mettre à exécution les sanctions décidées à leur encontre.

Le directeur général du Conseil du café-cacao, Yves Brahima Koné, qui a informé les producteurs sur l’actualité de la filière avant la prise de ces mesures, a rassuré qu’il n’est pas question d’un bras de fer car « il ne s’agit pas de tous les industriels ».

« Il y en a qui sont engagés à fond pour que les planteurs soient bien payés et quelques-uns qui sont dans un autre schéma mais je pense qu’ils vont revenir sur le terrain de ma réalité », a-t-il affirmé, avant de révéler que les discussions sont en cours en vue de ramener la sérénité et la confiance entre les partenaires de la filière.

La Fédération des organisations des organisations des producteurs de café-cacao (FOP-CC), l’Association nationale des coopératives agricoles de Côte d’Ivoire (ANACACI), l’Association des producteurs et organisations professionnelles agricoles de l’ouest montagneux (APROPAM) et la Fédération des femmes productrices de café-cacao (FNFPCC) ont ensemble affiché leur détermination à tenir tête aux industriels véreux « quoi que cela leur en coûte ».

(AIP)

gso/cmas