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Abidjan, 28 mai 2025 (AIP)- Le directeur adjoint chargé des Systèmes d’information du Conseil du café-cacao, Séka Séka Sylvestre, a exposé les enjeux du système national de traçabilité, présenté comme un tournant décisif pour l’avenir de la filière cacao en Côte d’Ivoire, à l’occasion du 7e Salon international de l’agriculture et des ressources animales d’Abidjan (SARA 2025).

Invité sur le plateau de SARA TV,  M. Séka Séka a expliqué que la traçabilité n’est pas une option mais une exigence vitale pour l’avenir du cacao ivoirien. « Ce système vise à refonder la chaîne de valeur autour de la transparence, de la responsabilité et de l’équité. Il place le producteur au cœur du dispositif, non plus comme un acteur en marge, mais comme le point de départ de toute la dynamique », a-t-il éclairé.

Selon ses explications, le système repose sur la carte d’identification du producteur, véritable clé d’entrée dans le processus de commercialisation formalisé. « C’est à partir de cette carte que s’initie le suivi du cacao, depuis la parcelle jusqu’à l’exportation. Elle permet de relier chaque produit à un producteur bien identifié, à une parcelle géolocalisée et à une transaction certifiée », a-t-il noté.

Il a insisté sur le rôle fondamental des sociétés coopératives, devenues partenaires incontournables dans la mise en œuvre de cette traçabilité.

« Équipées d’outils numériques comme les terminaux de paiement et les étiquettes intelligentes que nous appelons soleils, les coopératives enregistrent chaque mouvement du produit. Cela permet une traçabilité immédiate, irréversible et fiable », a insisté l’expert du Conseil café-cacao.

Mais au-delà des technologies, c’est l’engagement humain et institutionnel qui est recherché. Le directeur adjoint a lancé un appel clair et ferme aux producteurs non encore enrôlés. « Il est impératif qu’ils se fassent identifier car à partir d’octobre 2025, aucun cacao ne pourra quitter le pays s’il n’est pas entièrement tracé. Ne pas s’enregistrer, c’est prendre le risque d’être exclu du marché », a-t-il sensibilisé.

M. Séka Séka a souligné que cette réforme, bien que portée par des exigences internationales notamment européennes en matière de durabilité et de lutte contre la déforestation, constitue avant tout une opportunité pour les producteurs.

« Se faire identifier, c’est bénéficier gratuitement d’intrants agricoles, d’un appui technique, de l’agroforesterie, de la norme ASB-1000 et surtout de la couverture maladie universelle. Aujourd’hui, 750 000 producteurs ont déjà accès aux soins dans des structures agréées grâce à leur carte », a exhorté  Séka Séka Sylvestre.

(AIP)

bsp/cmas

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