dimanche, avril 19

Guitry, 05 juin 2025 (AIP) – Dans le village de Nanéko, situé dans le département de Guitry (région du Lôh-Djiboua, Sud de la Côte d’Ivoire), les populations lancent un appel pressant aux autorités face à une double menace, à savoir la recrudescence de l’insécurité et la destruction croissante des cultures par des animaux domestiques en divagation.

Les agriculteurs, piliers de l’économie locale, dénoncent les ravages causés par des porcs, bœufs et moutons qui circulent librement dans les plantations. Ces bêtes détruisent les cultures vivrières et industrielles telles que le manioc, le riz, le maïs, le palmier à huile ou encore l’hévéa, entraînant d’importantes pertes de revenus pour les exploitants.

« On cultive avec peine, mais les animaux viennent tout dévaster. C’est décourageant », déplore un paysan rencontré sur place.

Outre ces pertes agricoles, l’insécurité grandissante sème la psychose au sein de la population. Cambriolages nocturnes, agressions, viols et même meurtres sont régulièrement signalés. Les malfaiteurs agissent avec audace, certains endormant les habitants à l’aide de somnifères avant de vider leurs maisons. Plusieurs zones du village, notamment l’axe reliant l’usine du Gros PSS au pont bascule du cimetière jusqu’au premier campement, sont aujourd’hui considérées comme des foyers de danger.

« On a cassé mon magasin et emporté mon argent. Je gagne à peine de quoi vivre chaque jour. Nous demandons de l’aide aux autorités. Nous souffrons trop ici ! », témoigne Douabou Amenan Zady, une commerçante.

Antoine Kébéhi, notable du village, abonde dans le même sens. « Moi aussi, j’ai été victime. On se réveille le matin, et tout a disparu. Ces voleurs ne craignent rien, car ils restent impunis. Il faut que la jeunesse se lève pour organiser notre sécurité. »

Face à cette situation préoccupante, le représentant de la jeunesse, Douabou Gaoudi Joachim, a annoncé la mise en place imminente d’une équipe villageoise chargée de veiller à la sécurité et de sensibiliser les éleveurs. « Pour protéger le village, il faut que chaque propriétaire d’animaux construise un enclos. Toute personne surprise à violer ces règles ou à voler s’exposera à une amende allant jusqu’à 700 000 FCFA », prévient-il.

La population de Nanéko, solidaire et déterminée, appelle à une action urgente de l’État et des collectivités territoriales pour restaurer l’ordre, garantir la sécurité et préserver les moyens de subsistance des familles rurales.

(AIP)
cd/cmas

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