Danané, 22 juil 2025 (AIP)-La mission de sensibilisation menée du 14 au 18 juillet 2025 à Danané et dans ses environs par la Direction générale des Ivoiriens de l’extérieur (DGIE) et l’Organisation internationale du Travail (OIT) a révélé des enjeux nouveaux dans la lutte contre la migration irrégulière.
Au-delà de la simple transmission d’informations, cette campagne a mis en lumière la nécessité d’un engagement durable et d’une mobilisation accrue des acteurs locaux pour répondre à la complexité du phénomène.
À cet égard, la coordonnatrice nationale du projet “Programme intégré pour le recrutement équitable (FAIR III)”, Alida Ndri épouse Tanoh, a souligné l’importance de poursuivre la sensibilisation au-delà de la mission.
« Il est nécessaire que d’autres activités de sensibilisation puissent être menées parce que le phénomène ne peut pas s’arrêter juste après cette mission », a-t-elle déclaré, relevant que la sensibilisation ponctuelle ”ne suffit pas”, et que l’investissement des communautés est un facteur clé.

Dans cette dynamique, les responsables de la mission ont également insisté sur le renforcement des dispositifs existants pour rendre la lutte plus efficace.
Pour le sous-directeur des relations avec les partenaires à la DGIE, Silué Pelardio Richard, il convient de mettre l’accent sur la redynamisation des comités de lutte contre la migration irrégulière déjà installés ainsi que sur la création de nouveaux comités pour couvrir tout le territoire national.
« Le phénomène reste entier et il faut le traiter avec toute la fermeté », a-t-il insisté.
Cette approche traduit une volonté de structurer la lutte sur le long terme et d’assurer une couverture géographique étendue. L’ampleur du phénomène a interpellé plus d’un au cours de la campagne de sensibilisation. La participation active des populations locales à s’engager à relayer les messages de sensibilisation et apporter un frein au fléau est souhaité par les autorités.
Sensible à la question, Gogbé Dorothée, habitante de Mahapleu, a décidé de s’impliquer personnellement dans la sensibilisation de son environnement immédiat.
“J’ai vécu et je vis cette situation c’est pourquoi j’ai pris les prospectus pour aller sensibiliser dans mon quartier, mes proches et même dans mon village”, a-t-elle fait savoir, invitant les jeunes filles et garçons à explorer les voies de réussite en interne.
« Il faut que nos enfants restent sur place (…), l’emploi jeunes ne demande pas forcément d’avoir des diplômes. Que nos enfants partent s’inscrire à l’emploi jeunes. Si c’est pour faire la couture, la maçonnerie, la coiffure, cela va les arranger plutôt que d’aller mourir sur les eaux », a souligné Mme Gogbé.
Le phénomène de la migration irrégulière a réellement gagné du terrain à Danané, selon les autorités qui justifient le choix de la campagne initiée dans la localité. Cette réalité confirme la nécessité de concentrer les efforts dans cette région pour éviter que le phénomène ne s’intensifie.
« Aujourd’hui, on n’a pas eu tort de choisir la ville de Danané parce que les cas sont légions », a conclu le sous-directeur des relations avec les partenaires à la DGIE.
Au terme de cette mission, la lutte contre la migration irrégulière à Danané apparaît donc comme un défi aux multiples facettes, qui nécessite une mobilisation soutenue des autorités, des bailleurs, des acteurs locaux et des populations elles-mêmes. Les résultats et constats recueillis appellent à un engagement continu pour protéger les jeunes, particulièrement les filles, et orienter leurs projets migratoires vers des voies régulières.
(AIP)
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