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Abidjan, 20 nov 2025 (AIP) – La présidente de l’Association des sages-femmes ivoiriennes (ASFI) a plaidé le mercredi 19 novembre 2025 à Abidjan, au renforcement du plateau technique dans les maternités, particulièrement en zones rurales, afin d’améliorer la prise en charge de l’hémorragie post-partum, première cause de mortalité maternelle en Côte d’Ivoire.

S’exprimant à l’ouverture d’un atelier de plaidoyer initié par l’ASFI, elle a rappelé que chaque femme « mérite des soins sûrs, respectueux et de qualité » avant, pendant et après la grossesse.

Citant les données de l’OMS et de l’UNICEF, elle a souligné que plus de 700 femmes meurent chaque jour dans le monde des suites de complications obstétricales, tandis que les décès néonatals et les morts naissances restent largement évitables.

La présidente de l’ASFI a salué l’appui du ministère de la Santé, notamment l’augmentation du nombre de sages-femmes formées, leur déploiement dans toutes les régions ainsi que la mise en œuvre des nouvelles directives relatives à la prise en charge de l’hémorragie post-partum (HPP).

Toutefois, elle a relevé des défis persistants dans plusieurs zones reculées, marquées par une disponibilité limitée des médicaments essentiels, des difficultés de transport référentiel, des conditions de vie précaires pour les sages-femmes et un manque de mesures incitatives favorisant leur maintien en milieu rural.

Selon elle, les sages-femmes pleinement formées et intégrées peuvent assurer jusqu’à 90% des interventions essentielles en santé sexuelle, reproductive, maternelle, néonatale et adolescente.

Elle a ainsi plaidé pour un investissement accru dans les équipements d’urgence ainsi que dans des mécanismes destinés à améliorer la motivation et la rétention du personnel qualifié dans les localités éloignées.

Grâce au soutien technique et financier de l’UNFPA, à travers le projet Safe Birth Africa financé par l’Union européenne, l’ASFI entend sensibiliser les décideurs politiques, administratifs et les partenaires sur l’urgence d’intensifier la lutte contre l’HPP et renforcer le dialogue entre institutions publiques, organisations professionnelles, partenaires techniques et communautés locales. Un plan de suivi sera élaboré pour garantir l’application effective des recommandations issues de l’atelier.

Le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), par la voix de son représentant, Dr N’Guetta Dominique, a réitéré son engagement à accompagner le gouvernement et les partenaires techniques et financiers dans l’effort collectif visant à mettre fin à l’hémorragie post-partum.

Pour sa part, le directeur général de la Santé, Pr Samba Mamadou, a salué le dynamisme des sages-femmes, qui contribuent, selon lui, de manière significative à la réduction de la mortalité maternelle.

« Le ministère de la Santé verra ce qu’il peut entreprendre dans l’immédiat, ainsi qu’à moyen et long terme », a-t-il rassuré, au nom du ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle.

Le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (Remapsen) était co-partenaire de cette activité, dans le cadre des “Rendez vous du Remapsen”.

(AIP)

bsb/cmas

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