Oumé, 08 déc 2025 (AIP) – L’ONG “TOANY Culture et Développement”, initiatrice de la fête du “YENI”, a organisé samedi 6 décembre 2025 la troisième édition de la fête des frères de même lignée matrilinéaire en pays gban à Doukouya, village du canton Touka, dans la sous-préfecture d’Oumé.
La manifestation qui a réuni les 32 villages gban du département en présence du parrain, le député-maire d’Oumé, Lagui Kouassi Joachim, a été marquée par la prestation de la danse Samanssa (“vraie danse” en langue gban), l’un des rythmes traditionnels du peuple, l’élection de la plus belle femme parmi les 13 familles matrilinéaires, la chasse au gibier avec le filet familial ainsi que les techniques d’accueil de l’étranger dans la famille gban. Cadres, fonctionnaires, commerçants, planteurs et personnes de toutes classes sociales venus des 32 villages gban ont participé à cette troisième édition.
« Le YENI demeure un puissant vecteur d’identification, d’unité et de cohésion au sein de chaque lignée », a indiqué la présidente-fondatrice de l’ONG, Séhia Pauline. Selon elle, il s’agit de raffermir les liens à travers la célébration du “YENI”, la filiation matrilinéaire en langue gban.
Affirmant que l’ONG TOANY Culture et Développement entend valoriser la culture tout en soutenant le développement économique du pays gban, Mme Sehia a exhorté la communauté à continuer de célébrer le “YENI” en hommage aux ancêtres, aux mères et à la mémoire de ceux qui ont façonné l’identité de ce peuple.

Convaincue de l’apport de cette initiative dans la transmission intergénérationnelle et le renforcement de la mobilisation communautaire, elle a encouragé les organisateurs et le peuple gban à préserver cette célébration. « Le YENI est un matriarcat solide qui constitue le point d’ancrage social du peuple gban », a appuyé le chef du village de Dédi, Tebri Tebri François.
Selon l’autorité traditionnelle, « il faut considérer cette fête comme l’expression de l’identité gban ». Le chef Tébri a précisé que la célébration de la fête du YENI marque l’adhésion aux lignées matrilinéaires, dénommées “Kpê” en langue locale. « Il constitue un pilier de cohésion entre nos peuples », a-t-il déclaré.
Le parrain Lagui Joachim a exhorté les élus et cadres à continuer de s’approprier cet événement culturel. Il a plaidé pour que davantage de valeur soit accordée à la Fête du YENI qu’aux festivités funéraires, encore très ancrées dans la culture gban.
Officiellement reconnue le 30 juin 2023, l’ONG TOANY Culture et Développement prévoit de célébrer l’événement tous les deux ans au lieu d’annuellement, en raison des moyens importants nécessaires à son organisation, pour laquelle aucune subvention n’a été allouée à ce jour.
(AIP)
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