Abidjan, 14 jan 2026 (AIP)- Les élections générales en Ouganda, couplant les scrutins présidentiel, législatif et local, se tiendront le jeudi 15 janvier 2026 dans un contexte politique et sécuritaire marqué par de vives tensions, notamment après une coupure d’internet décidée par les autorités et dénoncée par l’opposition.
Ces scrutins s’ouvrent dans une atmosphère tendue, exacerbée par l’interruption de l’accès à internet depuis deux jours pour une durée indéterminée.
La Commission des communications de l’Ouganda justifie cette mesure qu’elle juge « nécessaire pour atténuer la propagation rapide de la désinformation en ligne, la fraude électorale et les risques connexes, ainsi que pour prévenir l’incitation à la violence ».
La situation est également marquée par un important déploiement des forces de sécurité dans la capitale, Kampala, à la veille du vote. Selon l’armée ougandaise, ce dispositif fait suite à « des menaces de violences proférées par certains acteurs », dans le but de prévenir d’éventuels troubles durant la période électorale.
Ces élections interviennent cinq jours après une mise en garde des Nations unies à l’endroit du pouvoir ougandais concernant des lois récemment adoptées ou amendées, lesquelles auraient, selon l’organisation, « restreint les libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique à l’approche du scrutin ».
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé les autorités à garantir que « tous les citoyens puissent participer pleinement et en toute sécurité aux élections, conformément au droit international ».
M. Türk a par ailleurs exhorté les forces de sécurité à s’abstenir de recourir à « une force inutile ou disproportionnée, y compris la force létale », pour disperser d’éventuelles manifestations pacifiques.
De son côté, Amnesty International a accusé, le 5 janvier, le gouvernement ougandais de mener « une brutale campagne de répression » contre l’opposition, évoquant des « arrestations arbitraires » et des « violences policières ». L’ONG a notamment fait état de l’arrestation d’environ 400 personnes soupçonnées de soutenir la Plateforme de l’unité nationale (NUP, opposition), ainsi que du décès, fin novembre, d’un membre de ce parti lors d’un meeting politique.
Huit candidats sont en lice pour la présidentielle, dont le président sortant Yoweri Museveni, au pouvoir depuis près de 40 ans, et son principal opposant, Robert Kyagulanyi, dit Bobi Wine. La campagne et la préparation du scrutin sont marquées par des pressions exercées sur les électeurs, selon une coalition d’organisations de la société civile ougandaises et régionales.
(AIP)
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