samedi, avril 18
Bondoukou, 17 fév  2026 (AIP) – Le commissaire de police Djezou Hyacinthe a assuré que la Côte d’Ivoire a mis en place, depuis 2015, un dispositif multidimensionnel, qui a permis de faire face à la menace terroriste, lors d’une communication présentée lundi 16 février 2026, à l’Université de Bondoukou, lors  d’une conférence publique initiée par l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT).
Intervenant sur le thème, « Les mécanismes et stratégies de l’État de Côte d’Ivoire face à la propagation du terrorisme en Afrique », le commissaire Djezou Hyacinthe a rappelé cette action est articulée autour de réponses politico-stratégiques, législatives, opérationnelles et de coopération régionale, 
« Depuis que la menace s’est dangereusement rapprochée de nos frontières en 2015, l’État ivoirien a pris ses dispositions en mettant en place un ensemble cohérent de mécanismes de prévention, de riposte et de résilience », a-t-il assuré, indiquant que cette réponse globale vise autant la protection du territoire que la prévention de la radicalisation.
Le commissaire a indiqué qu’aucune attaque terroriste n’a été enregistrée en Côte d’Ivoire depuis 2022, saluant la collaboration entre les forces de défense et de sécurité et les populations, ainsi qu’une meilleure prise en charge des migrants et voyageurs dans les zones frontalières. Les réponses de l’État ivoirien contre le terrorisme, sont organisées autour de cinq axes majeurs.
Sur le plan politico-stratégique, il a évoqué, entre autres, l’adoption d’un plan d’action contre le terrorisme, puis la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre le terrorisme, régulièrement actualisée, l’élaboration d’une stratégie de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, afin de priver les groupes extrémistes de ressources financières.
Le directeur général de l’AILCT, le général Allah Kouamé Joseph, à gauche, le SG 2 et le président de l’Université de Bondoukou

Sur le plan légal et législatif, le commissaire a rappelé l’adoption de la loi de juillet 2015 portant répression du terrorisme, modifiée en 2018 pour intégrer le volet de la propagande terroriste, ainsi que la loi relative à la protection des témoins et dénonciateurs, jugée essentielle dans une lutte où « les terroristes vivent au sein même des populations ».

Au niveau structurel et institutionnel, il a mis en avant la création de plusieurs entités spécialisées, dont la Commission nationale des frontières, les comités départementaux de sécurité associant autorités locales et populations, ainsi que des structures de renseignement et d’analyse opérationnelle dédiées à la prévention des menaces terroristes.

S’agissant des actions opérationnelles, le commissaire Djezou Hyacinthe a souligné la mise en place dès 2016 d’une zone opérationnelle nord destinée à sécuriser les frontières, le renforcement du renseignement territorial, la construction de nouveaux postes frontaliers et la mise en œuvre de programmes sociaux visant à réduire la vulnérabilité des populations, considérée comme un facteur de radicalisation.

Il a insisté sur l’importance de la sensibilisation communautaire, notamment à travers la diffusion d’outils pédagogiques permettant d’identifier les signes de radicalisation et d’encourager la collaboration entre les populations et les forces de sécurité.

Au plan de la coopération internationale et régionale, l’intervenant a évoqué les mécanismes de partage du renseignement entre États de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et les initiatives conjointes entre pays côtiers confrontés à la progression des groupes terroristes depuis le Sahel vers le golfe de Guinée.

Il a relevé que l’attentat du 13 mars 2016 à Grand-Bassam a constitué un tournant majeur dans la prise de conscience nationale, conduisant les autorités ivoiriennes à renforcer rapidement le cadre de lutte contre le terrorisme. « À partir de cet événement, nous avons compris que la menace était réelle et qu’il fallait agir avec méthode et anticipation », a-t-il indiqué.

Pour lui, pendant longtemps, le terrorisme apparaissait comme un phénomène lointain pour les Ivoiriens. Il a souligné que la menace s’est rapprochée progressivement depuis le début des années 2000 avec l’occupation progressive du Sahel par des groupes extrémistes violents.

Selon lui, la dynamique régionale a évolué en quelques années, passant d’un épicentre sahélien à une pression accrue sur les pays du golfe de Guinée, obligeant la Côte d’Ivoire à anticiper une menace devenue transfrontalière et asymétrique.

Toutefois, il a souligné que des défis persistent, notamment les tensions politiques, les conflits intercommunautaires, la porosité des frontières et l’instabilité sécuritaire dans certains pays voisins, qui continuent d’alimenter le risque d’implantation des groupes terroristes.

(AIP)

nmfa/fmo

Share.

Comments are closed.

Exit mobile version