Bouaké, 28 fév 2026 (AIP)- Le nouveau représentant résident du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) en Côte d’Ivoire, Saidou Kaboré, a réaffirmé l’engagement de son institution à poursuivre ses actions en faveur de la santé maternelle, de la lutte contre les violences basées sur le genre et de l’accès à la planification familiale dans la région de Gbêkê, à l’issue d’une mission de travail et de prise de contact effectuée du 25 au 27 février 2026 à Bouaké.
« Nous pensons que les avancées en matière de santé maternelle, de lutte contre les violences basées sur le genre et d’accès à la planification familiale sont importantes au cours des dix dernières années. L’idée est d’accompagner le Plan national de développement 2026-2030 afin de mettre en œuvre les stratégies qui permettent aux femmes de contribuer davantage au développement et à la création de richesses, en ayant une meilleure santé et une meilleure capacité de travail. Il s’agit de contribuer au bien-être des familles ivoiriennes, notamment celles de la région de Gbêkê », a déclaré M. Kaboré.
Au cours de cette mission de trois jours, le représentant résident de l’UNFPA a eu des séances de travail avec le préfet de la région de Gbêkê et du département de Bouaké, Tuo Fozié, le premier vice-président du Conseil régional de Gbêkê, Béma Fofana, des autorités municipales ainsi que des organisations non gouvernementales partenaires.
Les échanges ont porté sur la présentation du neuvième programme de coopération de l’UNFPA avec la Côte d’Ivoire (CP9 : 2026-2030), adopté en septembre 2025 sous le leadership du gouvernement ivoirien. Ce programme est aligné sur le Plan national de développement (PND) 2026-2030 et arrimé au cadre de coopération des Nations unies pour le développement durable. Il prévoit la mobilisation de 62,5 millions de dollars pour sa mise en œuvre.
M. Kaboré a indiqué que les priorités du CP9 concernent l’élimination des décès maternels évitables, l’élimination des violences basées sur le genre, l’accès universel à la planification familiale et le renforcement de la production de données pour la planification et le suivi des politiques publiques.
Il a présenté le bilan des actions menées dans la région de Gbêkê à travers des projets tels que « 2 heures pour la vie », « Safe Birth Africa » et « Prévention et traitement des fistules obstétricales en Côte d’Ivoire ». Ces initiatives ont contribué à l’amélioration de l’offre de soins obstétricaux et néonatals, à la prise en charge des survivantes de fistules et au renforcement des capacités des structures sanitaires.
Selon les données communiquées par le responsable de l’UNFPA, le taux de mortalité maternelle est passé de 614 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2012 à 385 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2021. Il a estimé que ces résultats traduisent l’engagement du ministère en charge de la Santé, des collectivités territoriales et des partenaires techniques et financiers.
Lors des rencontres avec la mairie de Bouaké, les discussions ont porté sur la prévention et la prise en charge des violences basées sur le genre. M. Kaboré a relevé que plusieurs organisations de la société civile interviennent dans ce domaine dans la ville de Bouaké et que l’UNFPA assure le leadership de la coordination des Nations unies sur cette thématique.
Avec le Conseil régional de Gbêkê, les échanges ont concerné les actions menées en matière de santé maternelle, de planification familiale, de lutte contre les violences basées sur le genre et de prise en charge des fistules obstétricales. Le Conseil régional, en collaboration avec le ministère de la Santé et la direction régionale de la Santé, participe à l’identification des femmes vivant avec une fistule et à leur orientation vers les structures de réparation chirurgicale.
Interrogé sur la mobilisation des ressources dans un contexte international marqué par la récession économique et la réduction de l’aide publique au développement, M. Kaboré a appelé à une contribution de l’ensemble des acteurs publics, privés et communautaires.
« La mobilisation des ressources n’est pas seulement financière. Il s’agit aussi d’une mobilisation sociale. Lorsque chaque membre de la communauté s’implique, cela permet de faire avancer les programmes. Les ressources humaines et l’engagement des populations sont déterminants pour atteindre les objectifs fixés », a-t-il expliqué.
En marge des rencontres institutionnelles, le représentant résident de l’UNFPA a rendu visite à des bénéficiaires des programmes de lutte contre les fistules obstétricales et d’autonomisation des femmes vivant avec un handicap.
Au quartier Tollakouadiokro, il s’est entretenu avec Mme Catherine Kantiono, opérée d’une fistule obstétricale en 2017 et bénéficiaire d’un appui financier de 50 000 FCFA pour le développement d’une activité génératrice de revenus.
À Broukro, il a rencontré la présidente de l’Union des associations des femmes vivant avec handicap de la région de Gbêkê (UAFVHRG), Mme Somé Christine, handicapée motrice. L’organisation a bénéficié d’un appui financier de 350 000 FCFA de l’ONG « Sauvons 2 vies », soutenue par l’UNFPA.
Les bénéficiaires ont présenté leurs activités et exprimé des besoins en matière d’extension et de diversification de leurs activités génératrices de revenus. Elles ont également sollicité des formations en commerce électronique afin d’améliorer la commercialisation de leurs produits via internet.
La mission de M. Kaboré à Bouaké s’inscrit dans le cadre du lancement opérationnel du programme 2026-2030 de l’UNFPA en Côte d’Ivoire, en partenariat avec les autorités nationales et locales.
(AIP)
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