Par Philomène Kouamé, Envoyée spéciale à Nairobi
Nairobi, 04 mars 2026 (AIP) – La première dame de Kisumu (ouest du Kenya) et directrice de l’Africa Cancer Foundation, Dorothy Nyong’o, a appelé mercredi 4 mars 2026, à Nairobi, les gouvernements africains à faire de la lutte contre le cancer féminin une priorité afin de favoriser le dépistage précoce et d’améliorer les chances de survie des patientes.
Mme Nyong’o s’exprimait à Nairobi lors de l’ouverture de l’édition 2026 de l’Africa Press Day, organisée autour du thème : « La santé n’est pas une dépense, c’est un investissement. Un investissement dans la productivité, la résilience, l’équité et la souveraineté ».
« Si le gouvernement prend en charge le dépistage et le diagnostic des femmes, le cancer peut être détecté très tôt. C’est cela le secret : prévenir, détecter précocement et traiter. C’est plus facile et les chances de survie sont plus élevées », a-t-elle déclaré.
Selon elle, dans les pays développés, plus de 90 % des femmes survivent après un diagnostic de cancer, contre environ 50 % ou moins en Afrique, où la maladie est souvent détectée à un stade avancé.
« Les gouvernements doivent investir davantage dans la santé, car sans la santé, rien n’est possible », a-t-elle insisté.
Dorothy Nyong’o a également rappelé que sa fondation a lancé en 2018, en partenariat avec le laboratoire Roche, des cliniques baptisées « Empower », permettant aux femmes d’accéder au dépistage du cancer du sein et aux traitements nécessaires.
Elle a précisé que l’Africa Cancer Foundation mène parallèlement des campagnes de sensibilisation et finance l’assurance santé de certaines patientes afin de leur permettre d’obtenir un diagnostic et d’entamer un traitement le plus tôt possible.
« Nous avons déjà pris en charge 3.000 femmes et poursuivons nos efforts en matière de recherche et d’accompagnement pour qu’elles puissent achever leur traitement. Malheureusement, 19 femmes sont décédées, car elles se sont présentées trop tard », a-t-elle déploré.
L’édition 2026 de l’Africa Press Day a réuni des décideurs politiques, des représentants de patients, des économistes, des scientifiques, des innovateurs et des journalistes venus de tout le continent pour débattre des enjeux liés au financement et à l’investissement dans la santé en Afrique.
Ce forum, qui se tient sur deux jours, est organisé par Roche a abordé plusieurs thématiques majeures, notamment pourquoi il est essentiel d’investir dans la lutte contre le cancer du sein, la santé comme facteur de résilience face aux futurs chocs sanitaires, la question de l’équité pour déterminer qui a accès aux soins et qui en est exclu, le rendement économique des investissements dans la santé considérée comme une richesse, le développement des services intégrés de lutte contre le cancer chez les femmes (WICS) en Afrique, ainsi que la manière dont l’Afrique peut renforcer sa souveraineté sanitaire grâce à des systèmes plus solides et des investissements plus intelligents.
(AIP)
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