jeudi, mars 5

Abidjan, 4 mars 2026 (AIP) – Le Sénat américain a rejeté, mercredi 4 mars 2026, par 53 voix contre 47, une résolution visant à limiter les pouvoirs du président Donald Trump dans la conduite de l’opération militaire menée conjointement par les États-Unis et Israël contre l’Iran.

Selon des médias internationaux, la résolution avait été déposée fin janvier par le sénateur démocrate Tim Kaine, avant même le déclenchement du conflit. Elle demandait le retrait des forces armées américaines de toute hostilité contre la République islamique d’Iran non autorisée par le Congrès. Mais le projet n’a pas réussi à rallier suffisamment de soutiens pour être adopté.

Les sénateurs républicains ont largement fait bloc derrière la Maison Blanche. Seul l’élu libertarien du Kentucky, Rand Paul, a rejoint les démocrates en votant en faveur de la résolution, sans toutefois parvenir à inverser le rapport de force.

Pour Tim Kaine et plusieurs parlementaires démocrates, l’initiative visait à réaffirmer l’autorité du Congrès, seul habilité par la Constitution américaine à déclarer la guerre. Ils dénoncent un élargissement du pouvoir exécutif depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier 2025.

« Les Américains veulent que le président fasse baisser les prix, pas qu’il nous entraîne dans des guerres inutiles et éternelles », a déclaré le sénateur de Virginie, qui estime que le conflit a été lancé de manière « illégale ».

Mardi, à l’issue d’un briefing classé secret-défense entre les sénateurs et le secrétaire d’État Marco Rubio, Tim Kaine a affirmé qu’aucune preuve n’avait été présentée pour démontrer l’existence d’une « menace imminente » de l’Iran contre les États-Unis.

La notion de « menace imminente » est au cœur du débat sur la légalité de l’intervention. Si le Congrès détient le pouvoir de déclarer la guerre, une loi adoptée en 1973 autorise le président à engager une action militaire limitée en cas d’urgence liée à une attaque ou à une menace directe contre les États-Unis.

Dans son allocution annonçant l’opération militaire samedi dernier, Donald Trump avait évoqué une menace imminente venant de l’Iran, un argument que contestent les démocrates.

Après le Sénat, la Chambre des représentants des États-Unis doit à son tour se prononcer jeudi sur une résolution similaire. Toutefois, un rejet semble également probable.

Le président républicain de la Chambre, Mike Johnson, a déjà exprimé son opposition à toute limitation des pouvoirs du chef de l’État. « Retirer ce pouvoir à notre commandant en chef pour terminer le travail serait une perspective inquiétante », a-t-il déclaré devant la presse au Capitole.

Selon plusieurs élus républicains, un changement de position pourrait toutefois intervenir si l’exécutif décidait d’envoyer des troupes américaines au sol. Dans ce cas, ils exigeraient des explications détaillées de l’administration.

En attendant, le débat sur les pouvoirs de guerre du président continue de diviser profondément le Congrès américain.

(AIP)

leg/cmas

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