vendredi, mars 6

(Par Philomène Kouamé, envoyée spéciale à Nairobi)

Nairobi (Kenya), 06 mars 2026 (AIP)- La plateforme numérique Empower, destinée à améliorer le dépistage et le suivi des patients atteints de cancer au Kenya, est un projet pilote adopté par les autorités sanitaires et présenté jeudi 5 mars 2026 à la presse, lors d’une visite à l’hôpital de Mbagathi de Nairobi, au Kenya, dans le cadre de Africa Press Day.

Présentée comme un « système nerveux numérique » pour la prise en charge du cancer, la plateforme est issue d’une collaboration entre le laboratoire pharmaceutique Roche, l’entreprise Savana Technologies et le national cancer institute of Kenya (NCI-K).

Selon la directrice générale de Roche pour l’Afrique de l’Est, Jacqueline Wambua, le projet vise à améliorer le parcours des patients, depuis le dépistage jusqu’au traitement.

« Nous avons d’abord renforcé les capacités des cliniques physiques pour la sensibilisation et la référence des patientes vers le dépistage », a-t-elle expliqué. « Sur cette base, un programme de navigation des patientes a été mis en place afin d’aider les femmes dépistées à progresser dans le système de santé jusqu’à l’accès au traitement. »

Mme Wambua a également salué l’appropriation du projet par les autorités kenyanes. « La plateforme est aujourd’hui pilotée par le gouvernement. C’est un élément essentiel pour sa durabilité », a-t-elle indiqué, soulignant que le projet se trouve encore dans une phase pilote mais que les centres de santé et les patientes ont déjà commencé à utiliser le système.

La responsable de la stratégie au National Cancer Institute of Kenya, Emily Barsito, a précisé que la plateforme est désormais connectée au registre national du cancer, permettant de suivre l’évolution des patientes au sein du système de santé.

« Elle permet de digitaliser le programme national de dépistage et de disposer de données en temps réel », a-t-elle déclaré. L’un des objectifs majeurs est de réduire les cas de « perte de vue » dans le suivi médical, un problème fréquent dans les programmes de dépistage.

« Certaines femmes dépistées positives n’arrivent jamais jusqu’au traitement après avoir été orientées. Grâce à la plateforme et à son lien avec le registre national, il devient possible de suivre ces patientes et d’identifier celles qui abandonnent le parcours de soins », a-t-elle expliqué.

National Cancer Institute of Kenya a officiellement adopté Empower comme infrastructure numérique nationale pour la gestion des données liées au cancer. Le système est désormais intégré au registre national du cancer et exploité par l’institut.

Les autorités kenyanes ont également mis en place un financement public pour la prise en charge de certaines formes de cancer du sein, notamment les cancers HER2+, permettant aux patientes concernées d’accéder à un traitement conforme aux standards sans frais grâce à l’assurance sociale nationale.

La visite de l’hôpital de Mbagathi a illustré la manière dont les cliniques physiques et la plateforme numérique travaillent ensemble pour accompagner les patientes, du dépistage précoce jusqu’au diagnostic et au traitement.

En Afrique, environ 50 % des femmes diagnostiquées avec un cancer du sein survivent cinq ans, contre près de 90 % dans les pays à revenu élevé, selon les données présentées lors de la rencontre.

La Journée de la presse africaine 2026, organisée par Roche africa s’est tenue du 4 au 5 mars à Nairobi et met l’accent sur la souveraineté sanitaire. Cette rencontre vise à débattre des principaux enjeux de santé publique et à mobiliser les médias africains autour de ces problématiques.

L’événement, placé sous le thème « La santé est un trésor », a réuni des participants venus de Côte d’Ivoire, du Nigéria, d’Afrique du Sud, d’Algérie, du Maroc et de Tunisie, ainsi que des représentants de la société civile, des médecins et des institutions financières.

(AIP)

apk/cmas

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